Black Kent

Black Kent, rappeur de profession, a accepté avec joie de répondre à nos questions. Celui qui se dit passionné de sport répond sans langue de bois. Comme quoi, le rap et le sport ne sont pas incompatibles. Lathlète.fr : Quelle relation peut-on faire entre le rap et le sport ? Black Kent : « C’est une … Continuer la lecture de « Black Kent »

Par Florian Gautier Publié le vendredi 31 mars 2017

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Conversation

Black Kent, rappeur de profession, a accepté avec joie de répondre à nos questions. Celui qui se dit passionné de sport répond sans langue de bois. Comme quoi, le rap et le sport ne sont pas incompatibles.

Lathlète.fr : Quelle relation peut-on faire entre le rap et le sport ?

Black Kent : « C’est une discipline qui se rapproche énormément du sport étant donné que je considère le rap comme une compétition. L’état d’esprit est similaire. Avant de rentrer sur un morceau, en ce qui me concerne, il y a une certaine préparation mentale qui peut s’assimiler à celle que peut avoir un boxeur avant de monter sur un ring, que des joueurs de foot peuvent avoir dans le vestiaire ou que des joueurs de basket peuvent avoir avant de rentrer sur le parquet. Oui, il y’a énormément de similitudes concernant l’état d’esprit. » 

Lath. : Est-ce que le sport est pour toi une source d’inspiration ?

B.K : « Oui, bien sur. Je suis un sacré amateur de sport dans sa globalité. J’aime tout ce qui est image, métaphore et autres comparaisons et jeux de mots qui se rapprochent de l’actualité. On est fourni en actualité par les événements sportifs. Les clins d’oeil sportifs reviennent souvent dans mes textes. » 

Lath. :  Quels sont tes idoles et sportifs préférés  ?

B.K : « J’ai toujours énormément eu de respect pour Michael Jordan. Je ne suis pas inventif mais en même temps, en ce qui concerne le spectacle et l’état d’esprit, c’est incroyable : partir, revenir, le nombre d’épisodes qu’il nous a fournis…Le nombre de matchs qu’il a pu jouer ! Je me souviens d’une finale NBA, où à la mi-temps il est malade et vomit et demande à rester (ndlr : Match 5 de la finale opposant les Chicago Bulls et les Utah Jazz, en 1997). 

Je suis aussi un grand fan de Tiger Woods pour tout ce que cela implique : pour la difficulté de s’imposer dans ce sport étant donné ses origines, les records tombés, ce par quoi il est passé… Ces deux icônes du sport sont fantastiques. Il y a aussi Didier Drogba pour tout ce qu’il représente (ndlr : Black Kent est originaire de la Côte d’Ivoire) et ce qu’il a fait. Et aussi pour son rôle dans la guerre civile qu’a connue le pays. »

Lath. : Quel est ton regard sur le foot français et l’équipe de France, ainsi que sur le parcours de la Côte d’Ivoire pour la Coupe du Monde ? 

B.K : « En ce qui concerne l’Équipe de France, elle a montré qu’elle commence à avoir une marge. Les Français avaient besoin de s’accrocher à quelque chose. Ils avaient besoin de rêver. Les derniers matchs, notamment contre l’Ukraine, ont donné du rêve. Les Français recommencent à se raccrocher à quelque chose, c’est de bon augure. Il manquait une colonne vertébrale et cette qualification l’a apportée. Il y a plein d’espoir par rapport au groupe. J’attends de voir le début de la compétition.

Pour la Côte d’Ivoire, étant donné l’effectif que l’on a, la qualification était une formalité même si l’on avait le Maroc dans le groupe. Je n’avais pas peur. Maintenant ce qui va se passer au Mondial, c’est autre chose. Les Ivoiriens sont un peu sceptiques en ce qui concerne l’entraîneur, Sabri Lamouchi, et le collectif. Cette équipe transpire de talent. Ces joueurs qui font partie d’une génération dorée ont conscience de ce qu’ils peuvent faire. Je suis supporter de coeur.« 

Lath. : Tu aimes aussi le basket. Tony Parker va devenir président de l’ASVEL. Penses-tu que cela puisse amener un nouveau souffle à la Pro A ? Est-ce que ce championnat peut rivaliser sur la scène européenne ?

B.K : « Je pense que c’est de bon augure par rapport à l’envergure de Tony Parker. C’est bien qu’il prenne ses responsabilités et qu’il vienne faire quelque chose pour permettre le développement de ce sport là en France. Avec le temps, la popularité de ce sport en France aidera à le faire passer sur la scène européenne. On a la chance d’avoir une belle équipe de France, avec la plupart des joueurs qui évoluent en NBA. Maintenant la Pro A, c’est autre chose. Quel est le niveau du championnat espagnol ? En tout cas, je sais qu’il y’a moins d’Espagnols que de Français en NBA, et pourtant l’équipe nationale tient bien la route. » 

Lath. :  Le modèle américain, à la fois dans le rap et dans le sport, te fascine-t-il ? 

B.K : « Je pense que tout se joue dans l’état d’esprit et dans la manière dont ils abordent le côté spectacle de tout ça. Tu regardes le début d’un match de basket, t’as l’impression d’être à un concert, c’est assez dingue. On ne retrouve pas ça en France, et en Europe en général. Pareil dans la musique : ils savent qu’ils sont là pour divertir ceux qui ont acheté leur ticket. Ça me rappelle d’ailleurs une phrase de Zlatan qui, à la sortie d’un match, disait : « Il faut que les supporters en aient pour leur argent ». Il sait qu’il est là pour donner un spectacle et pas seulement un match de foot. En tout cas, on peut les admirer pour cet état d’esprit et espérer que cela arrive en France. » 

Lath. : Est-ce que le sport et la musique doivent servir à faire passer des messages politiques ?

B.K : « À mon sens, non, pas forcément. Ce n’est pas une chose qui est obligatoire. Dans notre métier, on doit faire voyager, faire penser à autre chose. Après, j’estime que certains sportifs ou certains chanteurs, par rapport à leur envergure, ont une certaine responsabilité. Il faut faire attention à ce que tu diras ou feras par rapport au niveau que tu as. C’est important de savoir que ce que tu pouvais dire à la cantine, à quinze ans, n’aura pas le même poids aujourd’hui. Certaines prises de position peuvent être nécessaires. Par exemple, Drogba, quand il a pris la parole pour la paix dans son pays, on n’attendait que ça. Ce n’est pas obligatoire de faire passer des messages politiques, mais à certains moments il faut savoir prendre les responsabilités. »

Par Florian Gautier Publié le vendredi 31 mars 2017