Claude Puel

Non, Claude Puel n’est pas seulement cet entraîneur en litige avec l’Olympique Lyonnais. Longtemps traîné dans la boue par les médias français, l’actuel coach de Nice porte aussi un regard pointilleux sur notre championnat, son équipe et son parcours.  Lathlète.fr : Vous n’avez pas d’agent. Pourquoi ? Vous êtes un peu l’irréductible gaulois… Claude Puel : … Continuer la lecture de « Claude Puel »

Par Florian Gautier Publié le vendredi 31 mars 2017

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Conversation

Non, Claude Puel n’est pas seulement cet entraîneur en litige avec l’Olympique Lyonnais. Longtemps traîné dans la boue par les médias français, l’actuel coach de Nice porte aussi un regard pointilleux sur notre championnat, son équipe et son parcours. 

Lathlète.fr : Vous n’avez pas d’agent. Pourquoi ? Vous êtes un peu l’irréductible gaulois…

Claude Puel : « J’en sais rien. Parce que je suis toujours resté à traiter des contrats tout seul et j’ai continué à le faire. Je n’ai naturellement pas besoin de quelqu’un. Il faut juste faire attention maintenant quand tu n’en n’as pas et que les clubs veulent discuter avec un agent. »

Lath. : Un entraîneur cherche à être toujours compétitif. N’est-ce pas un problème de n’avoir entraîné que des clubs français ?

C.P : « Peu importe, cela dépend des circonstances. S’il on a la possibilité d’aller à l’étranger, il faut le faire, mais il faut en avoir l’opportunité. »

Lath. : Justement, n’avez-vous jamais eu de propositions a l’étranger ? 

C.P : « Si mais à chaque fois j’étais engagé, où j’étais sur le point de le faire. À chaque fois j’ai tenu parole lorsque je m’engageais même si j’ai eu des propositions de grands clubs qui jouaient la Ligue des Champions. »

Lath. : Vous êtes français et vous n’avez connu que la France. Présenté comme cela, et c’est le cas pour beaucoup d’entraîneurs, est-ce que ce ne serait pas ça le problème de la Ligue 1, à savoir le manque d’ouverture des entraîneurs ?

C.P : « Quand on regarde tous les entraîneurs, il y a des entraineurs espagnols, italiens…En Angleterre, ce ne sont que dans les meilleurs clubs que l’on cherche des entraîneurs connus par la planète. Ce n’est pas une caractéristique française. C’est une caractéristique qui correspond à tous les pays.”

Lath. : Un père ne peut pas avoir deux visages radicalement opposés (il est souvent beaucoup plus entraîneur que père).  Quelles relations entretenez-vous avec vos enfants ? 

C.P : « Je ne m’exprime pas beaucoup sur le sujet car c’est un sujet à interprétation. Quand je suis entraîneur, je suis entraîneur, quand je suis le père, je suis le père. C’est une gym qui est naturelle. Il n’y a pas de problèmes particuliers sur le sujet. »

Lath. : Yoann Gourcuff a un complexe d’infériorité vis-à-vis de son père et n’a jamais pu briller. Avez-vous peur pour Grégoire ou Paulin ? 

C.P : « Non. Ils ont leur caractère. Le plus jeune est très très mature pour son âge. Voilà, ils ont chacun leur personnalité. Il n’y a pas de problème avec le « truc du père », vraiment pas. »

Lath. : Vous avez entraîné Lille, Lyon, Monaco…de gros clubs. Pourtant, votre palmarès est quasi vierge. Une seule fois champion de France, aucune coupe de France ou coupe de la Ligue. En voyant ça, les médias sont-ils légitimes pour dire que vous n’êtes pas un bon entraîneur ?

C.P : « Tout dépend de la recherche que l’on fait. Si l’on veut se construire un palmarès, on va dans des équipes déjà compétitives. Quand on regarde mon parcours à Monaco, ou celui à Lille, où je suis parti de très bas et que l’on accroche la Ligue des Champions…On bat le Real Madrid sur une confrontation et on accroche une qualification quasiment à chaque fois pour la Ligue des Champions avec tous mes clubs. Donc c’est toujours relatif et cela dépend de l’image que l’on veut donner. Les journalistes ont beaucoup parlé des éliminations et des non-titres avec Lyon mais d’un autre côté ils n’ont jamais parlé des qualifications successives décrochées ou de la demi-finale en Ligue des Champions. On dépend encore une fois de ce que l’on répercute et de la fin que l’on veut donner à l’action d’un entraîneur. »

Lath. : On retient souvent votre litige avec l’OL. Quand on vous a proposé d’aller à Nice, n’avez-vous pas inconsciemment accepté d’aller dans un club au standing moins élevé pour reconstruire votre image ?

C.P : « Non pas du tout. Sincèrement, je ne pensais pas prendre un club comme Nice qui ressemblait un petit peu comme à Lille où il fallait tout reconstruire, tout refaire. Je savais la difficulté de la tâche (les installations du club, le nouveau stade) que j’avais déjà vécue à Lille et en plus c’est un peu un sacerdoce parce que ça demande beaucoup d’investissement. Parfois il y a de l’incompréhension parce qu’il y a beaucoup d’heures de travail qui ne se voient pas automatiquement et qui ne se répercutent pas forcément sur les résultats. Quand on arrive de la Ligue des Champions avec Monaco, Lille et Lyon, c’est un gros challenge d’accepter d’aller dans ce club où il fallait tout reconstruire. »

Lath. : Ben Arfa est extrêmement décrié en France et a perdu ses soutiens en Angleterre. Quelle est la réflexion qui amène à vouloir le recruter ? 

C.P : « La possibilité d’avoir un joueur qui a des qualités, qui peut être hors-norme. Il a peut-être également trouvé les personnes adéquates au club pour essayer de s’exprimer, retrouver un bon niveau et passer un palier pour progresser encore. On a essayé d’être gagnant-gagnant.”

Lath. : Quel est le problème entre les clubs français et les coupes d’Europe ? 

« Il y a un problème de niveau. Il y a aussi un problème d’expérience. Avec le jeu en France, il est difficile de préparer une équipe aux compétitions européennes. En coupe d’Europe, la qualité technique est primordiale, c’est cette façon de jeu qui est très importante. Il faut savoir jouer en attaques rapides notamment et ce n’est pas le cas de notre championnat. Mais le championnat de France est très formateur et permet aux jeunes joueurs de voyager et de s’adapter à d’autres championnats. »

Lath. : Sachant la part médiatique qu’exige aujourd’hui un poste d’entraîneur, n’est ce pas finalement plus agréable d’entraîner chez les jeunes où l’on se concentre exclusivement sur le côté sportif ?

C.P : « J’ai la particularité de faire de la formation avec mes clubs, en jouant avec une équipe qui est la plus jeune du championnat. J’ai beaucoup de jeunes à ma disposition. Chacun trouve sa voie dans le football. Moi j’ai besoin d’adrénaline, j’ai besoin de continuer à vivre ce que j’ai vécu joueur, de me remettre en question et d’avoir du challenge. J’ai un rôle un peu de formateur, en accompagnant un jeune joueur, en l’aidant à progresser.” 

Lath. : Vous êtes Castrais d’origine. Quelle est la place du rugby dans votre vie ?

« Comme tous les sports. Je prends un petit peu de partout. J’aime bien regarder tous les sports, le rugby en fait partie. »

Par Florian Gautier Publié le vendredi 31 mars 2017