François Labbé

Lacrosse, souvent inconnu dans notre pays, est un sport d’origine amérindienne qui se pratique avec un bâton équipé d’un filet et d’une balle. Très connu et pratiqué outre-atlantique en milieu universitaire et professionnel, il est même, avec le hockey sur glace, l’un des deux sports officiels du Canada. À moins de trois mois du mondial de Lacrosse … Continuer la lecture de « François Labbé »

Par Florian Gautier Publié le lundi 01 avril 2013

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Conversation

Lacrosse, souvent inconnu dans notre pays, est un sport d’origine amérindienne qui se pratique avec un bâton équipé d’un filet et d’une balle. Très connu et pratiqué outre-atlantique en milieu universitaire et professionnel, il est même, avec le hockey sur glace, l’un des deux sports officiels du Canada. À moins de trois mois du mondial de Lacrosse à Denver, où la France sera présente, retour avec François Labbé, président de la fédération de la discipline, sur un sport qui cherche à se faire reconnaître dans le paysage sportif de notre pays.

Labbé

Lathlète.fr : Quel est votre objectif pour ce mondial 2014 ?

François Labbé : « Notre objectif est avant tout un objectif de développement et de renforcement de l’équipe. En effet, nous construisons l’équipe autour de joueurs impliqués dans le développement du sport en France, qu’ils évoluent en France ou à l’étranger. C’est pourquoi nous avons instauré des « quotas » pour l’équipe : sur 23 joueurs, nous voulons avoir au moins 15 joueurs évoluant en France et au maximum 8 joueurs évoluant à l’étranger. 

Les Championnats du monde permettent de mettre en avant le travail de cohésion mené depuis quatre ans au sein et autour de l’équipe. Le niveau a progressé au cours de ces quatre années mais seule cette compétition nous permettra de voir où nous en sommes réellement. Sans se donner d’objectif sportif, une place dans les trente premières nations serait un beau succès. »

Lath. : Quel est le niveau de vos adversaires dans la Yellow Division ?

F.L : « Hormis l’Irlande, que nous avons rencontrée déjà deux fois (dont la dernière lors de la Celtic Cup en 2013, défaite 17-8) et qui est vice-championne d’Europe, nous ne connaissons pas vraiment nos adversaires. Les Bermudes sont souvent composés de joueurs d’origine nord-américaine avec un bagage technique et une expérience importante, ce devrait donc être un match très difficile. En ce qui concerne l’Ouganda, nous verrons leur niveau au mondial. Ils ont démarré leur programme de Lacrosse il y a trois ans maintenant, ils ont beaucoup travaillé. Sur le papier, nous devrions être favoris mais je préfère me méfier d’une équipe que nous ne connaissons pas du tout. Cette division sera une belle entrée en matière dans ces Championnats du monde, à nous de tout faire pour en sortir le mieux possible.

Quelque soit la place à laquelle nous finissons dans la division, nous serons reversés dans une autre poule. Huit matches nous attendent lors de cette compétition. »

Lath. : D’où viennent, en général, les joueurs sélectionnés en Équipe de France?

F.L :  « Comme indiqué précédemment, nous cherchons à ce que nos joueurs viennent principalement de France. La sélection nationale est avant tout un vecteur de développement pour le sport dans le pays, alors il est normal que ceux qui jouent en France soient ceux qui soient présents dans la sélection. Nous avons quand même plusieurs joueurs qui évoluent à l’étranger et ces personnes ont un point commun avec les joueurs pratiquant en France : ils sont impliqués dans le développement du sport dans l’Hexagone et sont présents aux rassemblements de l’équipe. Soit, ce sont des joueurs qui sont passés par un club français, soit ils nous aident à distance de la manière qu’ils peuvent. Il est important de noter que nous pourrions avoir une équipe bien plus compétitive car il y a de nombreux joueurs ayant un passeport français aux États-Unis ou au Canada qui nous sollicitent. Toutefois, nous ne retenons que ceux qui sont prêts à s’impliquer durablement et au maximum, et bien sûr ils doivent parler français ! »

Lath. : Quel est le programme pour la préparation de l’équipe avant le mondial?

F.L : « La préparation a commencé en 2012 avec les Championnats d’Europe à Amsterdam. L’équipe était en reconstruction avec des joueurs aux niveaux disparates et nous n’avions même pas été capables de venir avec le maximum de joueurs possible (nous étions dix-sept au lieu des vingt-trois joueurs possibles). Toutefois, cette compétition a construit l’équipe et a fédéré un noyau de joueurs autour des valeurs que nous partageons tous : solidarité, engagement et respect. Ensuite, lors de week-ends de sélection puis d’entrainements, nous avons intégré de nouveaux joueurs à l’équipe ce qui nous a permis de nous renforcer et de présenter un groupe de près de trente joueurs (seuls vingt-trois iront aux Championnats du monde). Au mois d’août dernier, nous sommes allés en Irlande pour la Celtic Cup 2013 pour rencontrer l’Irlande et l’Eire. Malgré la défaite logique face aux vice-champions d’Europe en titre, nous avons pu gagner 11-5 face à l’Eire. D’ici le mois de juillet, nous avons un match amical face à la Belgique qui nous permettra de continuer à travailler les 10 et 11 mai prochains à Bruxelles. Ensuite, nous nous retrouverons directement à Denver pour quelques matchs amicaux avant d’entamer la compétition. »

Lath. : Comment se passe la création des divisions ? Le classement mondial entre-t-il en jeu ? Et si oui, à quel rang se situe la France?

F.L :   « Les divisions sont tirées au sort. Toutefois, les six premières équipes de l’édition précédente sont regroupées dans la « Blue Division ». En effet, il existe un écart important entre les meilleures nations et les autres. Ensuite, le reste des équipes est réparti en groupe de niveaux afin « d’équilibrer » les poules de démarrage des championnats. Aux derniers Championnats du monde (Manchester en 2010), nous avons fini vingt-septième sur trente. »

Lath. : Quelles sont les difficultés rencontrées par l’équipe et la fédération lors de la préparation?

F.L :  « Tout d’abord, nous ne sommes pas une fédération mais une « association française ». Nous n’avons donc pas de reconnaissance « officielle » de la part du gouvernement français. C’est pourquoi nous utilisons plutôt les mots « sélection nationale » que « Équipe de France ». À partir de là, nos principales difficultés sont d’ordre financier. Que ce soit pour les week-ends de préparation ou pour la compétition en elle-même, ce sont directement les joueurs qui investissent leur propre argent dans l’aventure. L’organisation des week-ends de sélection est aussi une difficulté en soi car il faut trouver le meilleur planning pour l’ensemble des joueurs. »

Lath. : Comment, à votre avis, faut-il faire pour que le Lacrosse soit plus visible et que ce sport ait plus de reconnaissance dans notre pays ?

F.L : « Notre première difficulté est de faire connaître le sport. Le grand public connaît déjà beaucoup de sports, sans pour autant qu’ils soient pratiqués dans notre pays (ou peu pratiqués). Une médiatisation des championnats universitaires et professionnels nord-américains serait un plus important pour le développement du sport dans notre pays. Cependant, le plus important pour nous serait de pouvoir toucher les plus jeunes pour leur faire connaître le sport, et donc passer par les écoles ; les jeunes étant l’avenir de n’importe quel sport et un vecteur de diffusion de l’image du sport très efficace. »

Par Florian Gautier Publié le lundi 01 avril 2013