Gilles Juan

Dé-managers, comme dé-mythifier la tactique. Depuis quelques années, la petite troupe des experts tacticiens des Cahiers du football décrypte pour nous les options des entraîneurs et le jeu collectif. De ces réflexions tactiques est né récemment un livre: Comment regarder un match de foot? qui décrypte pour le béotien les finesses du pressing collectif et … Continuer la lecture de « Gilles Juan »

Par Didier Guibelin Publié le samedi 01 avril 2017

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Conversation

Dé-managers, comme dé-mythifier la tactique. Depuis quelques années, la petite troupe des experts tacticiens des Cahiers du football décrypte pour nous les options des entraîneurs et le jeu collectif. De ces réflexions tactiques est né récemment un livre: Comment regarder un match de foot? qui décrypte pour le béotien les finesses du pressing collectif et du 4-4-2. Entretien tactico-tactique avec Gilles Juan, l’un des co-auteurs.

tactique

Lathlète.fr : Les Cahiers du football est un site connu d’à peu près tous les amateurs de football, mais la rubrique des dé-managers est beaucoup moins célèbre. Alors, qui êtes vous, en fait ?

Gilles Juan : « Les dé-managers existent depuis trois ans.Moi, je n’en fais pas partie directement, même si j’ai travaillé à l’écriture du livre avec les autres auteurs et que j’écris pour les Cahiers du foot. Je suis une pièce rapportée. La rubrique a été créée par mes trois co-auteurs et Philippe Gargov. L’idée était tout simplement de développer l’analyse tactique au sein des Cahiers du foot. D’abord sur un blog dédié, puis, petit à petit via des articles hebdomadaires publiés directement sur le site. C’est une bande de potes qui s’est dit, on va écrire sur la tactique en essayant de bien le faire, sans être trop chiants et en essayant d’être pédagogues. »

Lath. : D’où est partie l’idée du livre  ? De l’envie de briller dans les débats technico-tactiques de comptoirs de PMU ? D’aider les coachs de district ? Ou tout simplement d’aider les spectateurs et téléspectateurs de football à mieux comprendre ce qu’ils voient ?

G.J : « Un peu tout ça, parce qu’on pense que ce n’est pas contradictoire. On pense qu’un coach de district peut trouver dans ce livre des outils et des idées pour améliorer tactiquement les performances de son équipe. Mais on a surtout pensé aux spectateurs. On a envie qu’ils voient des choses pas forcément flagrantes comme le jeu collectif ou le jeu sans ballon. On s’est dit qu’en plus, ce sont des choses sur lesquelles la télévision et les médias n’insistent pas assez car ils sont trop focalisés sur les performances physiques et techniques. On n’était pas certains que ce serait une bonne idée. Et c’est finalement notre éditeur qui a eu confiance en ce projet. Nous avions fait plusieurs propositions de livres sur diverses thématiques et c’est lui qui a pensé qu’il y avait un créneau à prendre avec ce sujet. Et, au final, on a  « pondu » 500 pages. »

Lath. : Dans les tous débuts du livre, vous citez une phrase très pertinente de Rafael Benitez qui dit : « Le système, c’est la position des footballeurs sur le terrain et la tactique ce sont leurs mouvements. Si tu ne sais pas occuper l’espace, le restreindre ou le conquérir, le système ne sert à rien. » N’est-ce pas finalement un résumé de la plus grosse idée reçue sur la tactique qui consiste à penser que cela se résume à des formules comme 4-4-2 ou 4-3-3 ?

G.J : « C’est justement parce que les gens ont souvent tendance à ne pas chercher plus loin que ces formules que cela valait le coup de faire un bouquin. À la télévision, lors des avant-matchs, on présente toujours les compositions d’équipes au tableau noir avec la disposition 4-4-2, 4-3-3 ou un autre dispositif… Mais malheureusement, les analyses tactiques ne sont toujours faites qu’après coup. Mais assez peu avant ou pendant le match. La façon dont la tactique est analysée à la télé en amont des matchs est assez réductrice. Parce que ce sont des présentations rigides sur papier. Alors qu’on s’est aperçu que le plus important, c’est l’animation. »

Lath. : Franck Dumas s’est plaint un jour du fait que les journalistes notaient les performances de ses joueurs sans même connaître les consignes qui leur étaient données. Au delà de l’idée de note, est-il possible d’avoir un avis réellement pertinent sur la performance d’un joueur sans connaître le rôle que son entraîneur lui a assigné ?

G.J : « On peut essayer de le faire, mais en le faisant modestement. C’est à dire qu’il ne faut pas avoir la prétention de juger. Si on prend l’exemple d’un arrière latéral, on peut dire « Il n’est pas beaucoup monté… » On peut évidemment constater que ses montées ont été peu nombreuses dans le match, mais il est impossible de savoir si c’est de sa propre initiative ou si cela résulte d’une consigne de son entraîneur. Alors évidemment qu’on interprète et qu’on juge. Mais il faut rester modeste dans ses appréciations. Il faut, ce que ne fait pas le journal L’Équipe par exemple, garder en tête qu’on l’on n’a pas accès à toutes les infos et qu’on ne peut donc pas être trop sévères puisqu’il y a des secrets d’entraîneurs que l’on ignore.

Ceci dit, on ne connaît pas les secrets de l’entraîneur en partie parce qu’on ne leur pose jamais la question. On leur demande leur sentiment après une victoire ou une défaite, mais on les interroge assez peu sur leurs parti-pris, leurs systèmes ou leur façon d’entraîner les joueurs. Et d’ailleurs, quasiment tous les entraîneurs qu’on a interviewés pour l’écriture du livre étaient ravis de parler de ça et nous ont dit qu’on ne les questionnait jamais là-dessus alors que c’est pourtant ces aspects qui font leur quotidien. »

Lath. : Penses-tu que ce livre va réussir à redorer le blason de certains joueurs assez peu spectaculaires mais dont le travail est indispensable à la bonne marche collective ? Je pense, entre autres, à un joueur assez sous-estimé comme Dirk Kuyt.

G.J : « (Il sourit) Aaaah, Dirk Kuyt, extraordinaire joueur… J’espère secrètement qu’on va pouvoir apporter une petite pierre à cet édifice. Je n’en suis pas certain parce qu’on s’est surtout focalisés sur les entraîneurs plutôt que sur les joueurs. Mais, s’il y avait une chose à développer, cela aurait sûrement été d’interviewer certains joueurs qui ont un rôle tactique important. Mais on a préféré se concentrer sur les entraîneurs.

En revanche, là où le livre rend justice à ces joueurs-là, c’est que de nombreux entraîneurs nous ont dit à quel point ces joueurs sont précieux et indispensables. À quel point il est précieux pour un coach d’avoir sur le terrain un joueur qui fait office de relais de l’entraîneur sur le plan tactique. Un joueur qui lance les mouvements collectifs ou qui sait à quel moment déclencher un pressing. Un joueur qui sait guider ses partenaires pour conserver les écarts entre les lignes. Ce sont des joueurs hyper précieux, mais peu spectaculaires. Donc effectivement les médias télévisés ne rendent pas suffisamment justice à ces joueurs-là à nos yeux. Si le livre pouvait les pousser à s’intéresser à ces joueurs-là, on serait ravis. »

Lath. : Les coachs de rugby ont souvent pour habitude de se placer en hauteur pour avoir une vision d’ensemble du jeu et laissent un adjoint en bord de pelouse pour transmettre les consignes qu’ils lui font passer. Pourquoi les entraîneurs de football ne le font-ils jamais ?

G.J : « Je n’ai pas d’explication. Peut-être qu’au football, l’entraîneur doit garder avant tout cette image de meneur d’hommes qui est là pour gueuler et vivre le matchs avec ses joueurs. Mais c’est vrai que les coachs de rugby sont souvent mieux placés dans le stade pour saisir les problèmes tactiques. Au foot, ils doivent gueuler sur leurs joueurs. Peut-être que les joueurs ne sont pas autonomes et qu’ils faut les engueuler pour qu’ils jouent. »

 Lath. : Dans le livre, vous fustigez la manie qu’ont les chaînes de télé françaises de donner tout le temps la priorité au zoom et au plan serré plutôt qu’au plan large qui est pourtant plus intéressant pour analyser tactiquement un match. N’est-ce pas un reflet de la demande du téléspectateur qui s’intéresse prioritairement aux aspects techniques et physiques du jeu ?

G.J : « Les réalisateurs se projettent sur la demande du téléspectateur, mais on ne sait rien de ce qu’il demande, au fond. Et je ne sais pas s’il y aurait une baisse d’audimat si on donnait plus d’importances aux plans d’ensemble. Ce que l’on a remarqué, par contre, c’est qu’il y a plus de plans serrés sur les chaînes françaises que celles des autres pays, mais que dans les autres pays, il n’y a pourtant pas moins de téléspectateurs. Je pense que beaucoup de ces plans serrés sont une vision un peu premier degré du spectaculaire. Quand on dit qu’il y a trop de plans serrés, on se plaint aussi des plans serrés sur les personnes en tribune ou l’incontournable plan serré sur le joueur en train de cracher. Dès qu’il est possible de faire un plan serré, ils le font. Et on pense, objectivement que cela nuit à la visibilité et à la compréhension du jeu.

Je n’ai pas vu d’enquête ou de témoignage de téléspectateurs qui plébiscitent cette façon de filmer. Et je pense qu’elle est surtout influencée par le cinéma. C’est un préjugé sur ce que veut le téléspectateur. Mais dans un pays comme l’Angleterre où l’on donne plus d’importance aux plans d’ensemble, il n’y a pas de plainte des téléspectateurs. »

Lath. : Pierre Ménès donne comme argument systématique la grande quantité de matchs qu’il regarde pour justifier sa connaissance du jeu. Est-ce vraiment un bon moyen, ou revoir une ou deux fois le même match en se focalisant sur différents aspects tactiques n’est pas une méthode plus pertinente pour améliorer sa culture tactique ?

G.J : « Il faudrait être vraiment très consciencieux. Je pense qu’il est possible de regarder les aspects tactiques dès le premier visionnage. Évidemment que même le plus sérieux des journalistes, comme mes co-auteurs le sont plus que moi d’ailleurs, consiste à revoir les matchs pour essayer d’être attentif notamment au jeu sans ballon. Parce qu’effectivement, au premier visionnage c’est le ballon qui attire l’œil. Un second visionnage permet de se détacher un peu du suspense et de l’enjeu d’un match pour regarder, entre autres le jeu sans ballon, les distances entre les lignes, les écarts entre les joueurs ou les mouvements de montées ou de repli collectif. Mais je ne sais pas si Ménès a le goût de faire ça, ni même le goût de la tactique d’une façon plus générale. Après, nous ne pensons pas non plus que l’approche tactique est supérieure à toutes les autres approches. La tactique est aussi importante, tout comme la technique, le physique ou le mental. Nous ne cherchons pas à faire passer la tactique pour plus importante qu’elle n’est. Nous voulons juste qu’elle soit considérée à sa juste valeur, c’est à dire, aussi importante que le reste. Et si on écoute Ménès, il nous semble qu’il ne met pas la tactique au même niveau que les autres aspects. »

Lath. : D’une façon plus générale, on a l’impression d’un manque de culture tactique assez généralisé chez les journalistes. On peut par exemple se souvenir d’une conférence de presse effarante la saison dernière où les journalistes essayaient de toutes leurs forces de faire réagir Marcelo Bielsa à des propos polémiques de Pascal Dupraz, pendant que lui essayait d’expliquer les raisons tactiques de sa défaite deux jours plus tôt.

G.J : « C’est révélateur non seulement de leur manque de culture tactique, mais surtout de ce qui les intéresse plus que tout, à savoir la polémique. Et on adore Marcelo Bielsa pour ça. Car cela a fait tellement de bien d’avoir en France pendant un an, un entraîneur dont la priorité demeurait le jeu. On est donc tous très tristes, supporters de l’OM ou pas, de ne plus avoir droit à ces demi-heures de bonheur après les matchs d’avoir un entraîneur qui ne parlait que de jeu. Avec grande honnêteté, sans jouer au cachottier avant les matchs, sans alimenter de polémique stérile… Le problème, c’est que les seules choses auxquelles se sont intéressés les médias français à son sujet ce sont sa glacière et le fait de savoir s’il allait regarder les journalistes dans les yeux. Et cela a été d’ailleurs assez flagrant au moment de son remplacement par Michel, les journalistes se sont extasiés sur le fait d’avoir un entraîneur en costard, cordial, souriant… Mais on s’en fout de ça !!! Ce n’est même plus une question de culture tactique, mais tout simplement de culture foot. Les conférences de presse ne servent malheureusement plus à parler du jeu. Elles sont faites pour lancer ou alimenter des polémiques.

Avec Bielsa, on avait un changement de hiérarchie dans les priorités. Ce qu’il y avait de passionnant avec lui, c’était de voir à quel point la tactique n’est pas quelque chose de stérile ou d’intello. La tactique est une question de personnalité. Les choix tactiques de quelqu’un comme lui sont aussi des choix psychologiques. Une manière de penser le football, une philosophie, une énergie… La tactique n’est pas une partie d’échecs. On la réduit souvent à cela. Bien que ce soit en partie le cas, puisqu’on déplace les joueurs sur le terrain. Mais la tactique, c’est surtout de l’intensité, de l’énergie. Des gens comme Klopp, Bielsa ou Guardiola, quand on les voit au bord du terrain ou en conférence de presse, on sent que ce sont des gens qui vibrent quand ils parlent de tactique. Mais ça ne fait pas assez vibrer la presse, manifestement. Bielsa a fait quelque chose de génial, c’est qu’il a imposé son style dans sa relation aux médias. Il n’a pas joué le jeu de nos conférences de presse stériles. Aux Cahiers du foot, on l’a adoré aussi pour ça. C’était aux conférences de presse de se plier au rythme de Bielsa, au débit de sa parole, au temps nécessaire à la traduction… Il y a quelque chose de très grave qui a été publié dans L”Équipe au moment de son arrivée à l’OM. Il lui a été reproché de prendre le poste d’un entraîneur français. Parce que mathématiquement, un entraîneur étranger en Ligue 1, on considère que c’est un entraîneur français au chômage. Indépendamment du fait que ce type de propos est extrêmement ambigu d’un point de vue politique, cela montre à quel point la France n’est pas prête à recevoir les bénéfices des grands tacticiens étrangers comme Bielsa ou comme Ancelotti avant lui. »

Lath. : Le problème de la presse n’est pas nouveau puisqu’Aimé Jacquet, dans son livre publié un an après le titre mondial de 1998, s’indignait déjà de la place donnée par la presse à la polémique au détriment du jeu. Tu crois que cela peut s’améliorer ?

GJ : « Non, je n’y crois pas, malheureusement. Pour une raison simple : les polémique ont l’avantage aux yeux des patrons de presse de passionner au delà du public des amateurs de sport. Beaucoup plus que les questions de jeu à proprement parler qui n’intéressent finalement qu’un nombre assez restreint de gens.

Pour prendre un exemple dans l’actualité récente, on peut constater que l’affaire de chantage à la sextape entre Benzema et Valbuena a eu beaucoup de retentissement dans les médias et l’opinion publique. À contrario, la question de savoir s’il est possible de faire cohabiter en attaque deux avant-centres comme Giroud et Benzema intéresse déjà beaucoup moins de gens, puisqu’elle n’intéresse que les vrais passionnés. La course à l’audience étant devenue la seule règle, ou presque, du monde des médias, la primauté à la polémique en est une conséquence regrettable. »

Lath. : On constate d’ailleurs qu’indépendamment de ses résultats, les médias n’ont finalement jamais vraiment parlé de football avec quelqu’un comme Domenech.

G.J : « Le cas Domenech est un peu particulier parce que lui jouait aussi ce jeu-là, avec une dose de cynisme et beaucoup d’ironie. Il jouait le jeu des médias, même maladroitement. Ce n’était pas quelqu’un comme Bielsa qui imposait la parole sur le jeu. Domenech a été un peu complice de conférences de presse qui débordent sur des questions privées, lui-même a d’ailleurs débordé en public sur ce sujet. Et c’était, j’imagine, un très bon client pour ce type de conférences de presse. Il reste d’ailleurs un bon client qui a toujours son mot à dire sur l’actualité car il est intrigant. Il a finalement réussi à rendre sa parole intéressante alors que ses choix tactiques ne l’étaient pas forcément. »

Lath. : Pablo Correa s’était plaint il y a quelques années qu’il n’aimait pas le “Ligue 1 bashing” de l’opinion publique et de certains médias. Il avait notamment expliqué que, si le spectacle n’y était pas forcément aussi bon qu’ailleurs, la Ligue 1 n’avait rien à envier à d’autres championnats sur le plan tactique. Tu es d’accord avec cette idée ?

G.J : « Je suis assez d’accord sur le fait que, sur le plan tactique, la Ligue 1 est souvent plus intéressante qu’on ne le pense. Et, oui, je trouve le “Ligue 1 bashing” est exagéré. Le championnat anglais, qu’on dit être le plus passionnant parce que les scores y sont les plus incertains et les plus enlevés, est finalement l’un des moins aboutis sur le plan tactique. C’est en tous cas l’avis de certains grands entraîneurs, notamment Carlo Ancelotti dont on a étudié le livre avec attention. Si on regarde la rigueur des systèmes défensifs par exemple, il vaut mieux s’intéresser au championnat français qu’anglais. Cela dépend de ce que l’on recherche et je ne veux pas faire de hiérarchie absolue. Mais effectivement, les gens ont souvent tendance à être sévères avec la Ligue 1. D’un autre côté, il ne faut pas non plus tomber dans l’extrême inverse en faisant de la Ligue 1 ce qu’elle n’est pas. Elle n’est pas aussi rigoureuse sur le plan tactique que la Série A italienne, par exemple. Elle n’est pas aussi passionnante que la Premier League anglaise où quatre à cinq clubs peuvent viser le titre chaque saison. Et elle n’est pas non plus relevée que la Liga espagnole. On n’est pas équivalents à ces championnats là en terme de niveau. On est situés dans un entre-deux. Le problème, c’est qu’il y a des gens qui surestiment la Ligue 1 et voudraient la voir dans un top 3 improbable. Et, de l’autre côté des gens qui la rabaissent toujours. Je pense qu’on est au milieu. Un championnat intéressant, sérieux avec des supporters consciencieux et des clubs qui ont une histoire intéressante. On n’est pas si mal. Surtout qu’on a aussi des entraîneurs intéressants, même s’ils ne s’exportent pas assez, peut-être. »

DU TAC AU TAC…

Lath. : Bielsa ou Guardiola ?

G.J : « Bielsa !! De toutes façons, Guardiola répondrait Bielsa lui aussi. Le tempérament de Bielsa, son jusqu’auboutisme, sa bizarrerie… font que mon goût va à Bielsa. »

 Lath. : Arrigo Sacchi ou Rinus Michels ?

G.J : « Sacchi. »

Lath. : Andrea Pirlo ou la doublette

Xavi-Iniesta ?

G.J : « Tu m’aurais dit une doublette Pirlo et Zidane, j’aurais peut-être voté pour celle-là. Mais là… Je suis très Iniesta, donc Xavi-Iniesta.»

Lath. : Attaquant complet à la Messi ou renard des surfaces à la Pippo Inzaghi ?

G.J : « Le Barca actuel est en train de nous prouver que Messi est compatible avec la présence d’un avant-centre dans son équipe (ndlr : Luis Suarez). Donc je ne choisis pas, je les fais jouer ensemble. Je fais tirer Messi sur le poteau et Inzaghi qui, à la limite du hors-jeu, place une tête improbable qui va au fond des filets. »

 

Comment regarder un match de foot?, de Gilles Juan, Julien Momont, Christophe Kuchly et Raphaël Cosmidis. Préface de Christian Gourcuff. Éditions Solar. 17€90 chez votre libraire préféré.

Par Didier Guibelin Publié le samedi 01 avril 2017