Javier Pastore

Être titulaire dans un grand club européen, porter le maillot argentin et accepter la proximité des journalistes, oui, c’est possible. Javier Pastore a enfilé, pour Lathlète.fr, son costume du parfait footballeur. Très sollicité, il n’a pourtant pas hésité à répondre favorablement à notre demande d’entretien. En dix questions, nous avons essayé de sonder l’un des joueurs les plus … Continuer la lecture de « Javier Pastore »

Par Florian Gautier Publié le samedi 01 avril 2017

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Conversation

Être titulaire dans un grand club européen, porter le maillot argentin et accepter la proximité des journalistes, oui, c’est possible. Javier Pastore a enfilé, pour Lathlète.fr, son costume du parfait footballeur. Très sollicité, il n’a pourtant pas hésité à répondre favorablement à notre demande d’entretien. En dix questions, nous avons essayé de sonder l’un des joueurs les plus discutés en France. La religion, l’Argentine, la Copa America…tout y passe. Vamos. 

Javier_Pastore

Lathlète.fr : Raconte nous tes débuts dans le football en Argentine.

Javier Pastore : “J’ai commencé à jouer à Talleres à Cordoba où j’ai débuté avec l’équipe première. De là, ils m’ont transféré à Huracan où, après une blessure, j’ai commencé à jouer. Nous avions fini deuxième après une finale très commentée et compliquée.”

Lath. : Qu’est-ce qui te passionnait à part le football ? Envisageais-tu de faire autre chose ?

J.P : “Je n’ai toujours pensé qu’à jouer au football, je n’ai jamais eu d’autres objectifs quant à ma profession. J’aime, pendant mon temps libre, cuisiner, voyager et j’ai d’autres activités qui me comblent moralement.”

Lath. : Tu es ensuite arrivé à Palerme. Qu’est-ce qu’il y a à Palerme qu’il n’y a pas à Paris ?

J.P : “Ma femme, qui est Sicilienne ! (rires). J’aime Palerme, c’est un peu ma maison. Paris est une grande capitale. C’est sans doute l’une des plus belles villes du monde. Culture, mode, cuisine…il y a tout !”

Lath. : Parle nous de ta vie parisienne en dehors du foot. Es-tu devenu un vrai Parisien ? 

J.P : “Je suis une personne très tranquille. J’aime être à la maison avec ma femme, sortir dîner, et me promener dans des lieux comme les parcs. L’Arc de triomphe est mon monument préféré et la Tour Eiffel est toujours agréable à regarder : la nuit, c’est incroyable !” 

Lath. : Il n’y a même pas deux ans tu te faisais siffler. Désormais Cantona dit que tu es meilleur techniquement que Ronaldo et Messi. Avec du recul, comment analyses-tu ton parcours ?

J.P : “C’est quelque chose de normal qui arrive à n’importe quel joueur en phase de croissance. Aujourd’hui, je sens que je m’améliore vraiment dans tous les domaines, physiques et footballistiques. Je me sens beaucoup plus à l’aise sur le terrain, et j’essaye de progresser jour après jour. C’est un très bel éloge de la part de Cantona. Qu’un joueur de son niveau ait dit ça de moi me donne confiance pour continuer à m’améliorer et à évoluer.”

Lath. : Avant l’arrêt Bosman, les joueurs n’étaient pas transférés à l’étranger. Maintenant, tout le monde voyage de club en club. Un joueur de football apprend-t-il davantage en changeant de pays ?

J.P : “Oui clairement. Tu améliores beaucoup de choses. D’un point de vue culturel par exemple, c’est une très grande opportunité pour apprendre et grandir. D’un point de vue sportif, il y a des choses distinctes dans tous les endroits. C’est pour ça que c’est bien de prendre le meilleur de chaque lieu, de mettre cela en pratique et de l’intégrer dans son jeu.”

Lath. : T’intéresses-tu au football dans sa globalité ? Comme les problèmes de corruption de la FIFA, la vie d’un supporter, l’impact d’une Coupe du Monde sur un pays…

J.P : “Je m’intéresse au football de manière générale. Le pratiquer, le regarder et, qui sait peut-être, le diriger dans le futur. Je sais que c’est un phénomène social très important et que ça a un rôle sur les gens. L’impact d’une Coupe du monde sur un pays est incroyable (l’image du pays, le tourisme etc). Pendant ces mois-ci, le pays organisateur est le pays le plus important du monde !”

Lath. : Après ta carrière de footballeur, n’as-tu pas envie de te consacrer à développer ton pays par le sport, en aidant des jeunes avec une association par exemple ?  

J.P : “Ça fait quelques années qu’on aide des restaurants scolaires et d’autres associations familiales en Argentine. On a aussi une fondation protectrice des animaux, “Soplo de vida”. J’essaye, de là où je suis, d’aider et de participer à des projets qui aident les plus nécessiteux. J’ai appris le bonheur que procure le don, l’aide, et tout ça me fait très plaisir.”

Lath. : L’on dit souvent qu’une équipe de football représente la société. Est-ce vrai au niveau de la religion ? Comment vis-tu la religion au sein d’une équipe ? 

J.P : “Je crois que tous les joueurs ont une religion différente. C’est normal, c’est comme ça dans le monde. Nous les sud-américains, et particulièrement moi, sommes habitués à partir à l’étranger. Et je suis venu ici pour comprendre un peu plus la religion et la culture française. J’apprends beaucoup de tout cela pour mieux vivre. C’est bien pour soi de comprendre ces choses là et de s’améliorer culturellement.”

Lath. : La Copa America est l’une, voire la compétition où la ferveur des supporters est la plus forte. Ça impressionne un joueur de football comme toi ?

J.P : “Oui, après le Mondial, c’est sur que, pour nous les Sud-Américains, c’est la deuxième compétition la plus importante et la plus belle à jouer. Pour les supporters c’est incroyable. C’est comme l’Euro ici, c’est magnifique. Je suis très content de représenter l’Argentine et de jouer des matchs de la Copa America. Oui, ça impressionne. Là-bas, les supporters sont très proches de l’équipe : alors au Chili il va y avoir beaucoup d’Argentins. Évidemment, c’est impressionnant.”

Propos recueillis par Florian Gautier

Par Florian Gautier Publié le samedi 01 avril 2017