Kévin Reza

Kévin Réza vient de changer d’équipe. Exit Europcar, bonjour la Française des Jeux (FDJ). En cette année de changement, le jeune coureur analyse ses premières années en tant que professionnel. Alors que la société française est en ébullition, on comprend mieux, grâce à lui, pourquoi le sport propose un modèle exemplaire de diversité. Il touche … Continuer la lecture de « Kévin Reza »

Par Florian Gautier Publié le mardi 28 avril 2015

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Conversation

Kévin Réza vient de changer d’équipe. Exit Europcar, bonjour la Française des Jeux (FDJ). En cette année de changement, le jeune coureur analyse ses premières années en tant que professionnel. Alors que la société française est en ébullition, on comprend mieux, grâce à lui, pourquoi le sport propose un modèle exemplaire de diversité. Il touche à tous les sujets.

2015, Giro d'Italia, tappa 11 Forli - Imola, Fdj 2015, Reza Kevin, Imola autodromo
2015, Giro d’Italia, tappa 11 Forli – Imola, Fdj 2015, Reza Kevin, Imola autodromo

Lathlète.fr : Vous êtes passé par l’équipe amateur de Vendée U. Parlez-nous de ces années. 

Kévin Réza : “Ce sont de belles années car on forme pas mal de coureurs à partir de réserves d’équipes professionnelles. Pendant ces années, ça n’a pas été facile tous les week-end. J’ai eu la chance d’être encadré par les dirigeants : ils m’ont laissé évoluer à mon rythme. J’ai fait quatre ans chez l’ équipe de Vendée U, la réserve du team Europcar. J’avais 19 ans quand je suis parti de chez moi et j’y ai couru pendant quatre ans. C’est une bonne base pour passer à l’échelon supérieur. C’est clair que ça fait partie du bagage professionnel de passer par ce stade là.”

Lath. : Et comme beaucoup, vous êtes aussi passé par le cyclisme sur piste. En quoi la piste est-elle bénéfique pour la route ?

K.R : “J’ai commencé la piste en Minime première année avec mon dirigeant Eric Blanchon qui m’a mis sur un vélo et m’a tout appris. C’était en région parisienne. Avant d’arriver chez Vendée U, j’ai eu la chance de participer aux championnats du monde chez les jeunes. Par la suite, j’ai toujours gardé cette culture de la piste. C’est une bonne école : ça apprend le placement dans un peloton, à frotter dans un peloton et à travailler le coup de pédale pour anticiper les accélérations et les changements de rythme qu’on peut avoir en début de saison.”

Lath. : On vous savait excellent poisson pilote, vous vous êtes affirmé dans ce rôle en 2014. Mais quand vous avez eu le leadership, vous avez aussi décroché de beaux accessits. Est-ce cela qui vous a motivé à rejoindre la FDJ ?

K.R : “Poisson-pilote, c’était une fonction d’intérimaire. J’avais une bonne relation avec Bryan Coquard, je lui ai transmis mon soutien. Mais, je ne pense pas que ce soit ma fonction première. Je ne pense pas continuer dans ce schéma là. Qu’on ait besoin de moi et qu’on me dise de faire ça toute l’année, ce sont les règles et je m’y plierai avec plaisir. Après le Tour, c’est clair que j’ai joué un peu plus ma carte, mais je n’ai malheureusement pas levé les bras. Ce n’est pas la raison première par rapport à ma nouvelle équipe. J’aurai un rôle différent au sein de la FDJ.”

Lath. : Marc Madiot, le manager du team FDJ, vous a-t-il livré quelques garanties, vous assurant le statut de sprinteur numéro un sur certaines courses ?

K.R : “C’était le deal. J’aurai plus de liberté sur certaines courses, certaines un peu plus difficiles où y’a un petit groupe de sprinteurs qui arrive au sprint. J’aurai plus de liberté sur des courses comme la Catalogne (Tour de Catalogne) ou le Pays Basque (Tour du Pays Basque). Après, c’est à moi de saisir les opportunités et il ne faudra pas que je me loupe.”

Lath. : À la FDJ, il y a quand même Arnaud Démare. N’est-ce pas finalement le même modèle que vous connaissiez chez Europcar ? 

K.R : “Non, puisque je n’ai pas le même calendrier de course qu’Arnaud. Je ne pense pas courir avec lui jusqu’aux championnats de France sur route. Ce sont vraiment deux calendriers différents. J’aurai un rôle tout à fait différent par rapport à celui que j’avais au sein du team Europcar.”

Lath. : Depuis l’affaire Armstrong notamment, beaucoup de spectateurs ont des suspicions quant aux performances de certains cyclistes. Avec ces constantes suspicions, comment doivent-ils appréhender et apprécier le cyclisme ?

K.R : “Le cyclisme va mieux. Tout ce qui s’est passé avant que je sois pro, ça a assombri l’image du cycliste. Ce sont des années sombres qui ne me concernent pas, ou en tout cas qui ne me concernent plus. Je n’étais pas pro à cette époque là. Le cyclisme va dans le bon sens, tout le monde tire dans le même sens. C’est une bonne nouvelle pour le vélo.”

Lath. : Le monde sportif français, particulièrement le cyclisme, ne doit-il pas davantage se tourner vers le vivier que sont les Antilles, notamment la Guadeloupe ? 

K.R : “La Guadeloupe a pas mal de coureurs de qualité. Il y a des managers qui laissent la porte ouverte. Il faut que le sportif Guadeloupéen saisisse l’opportunité. Je ne pense pas qu’ils réussissent toujours, c’est un peu malheureux, mais c’est à eux de frapper à la bonne porte.”

Lath. : Dans le peloton, vous êtes l’un des seuls noirs. Comment expliquez-vous cela ?

K.R : “Je ne pense pas l’expliquer. Il y’a aussi Yohann Gène qui est Guadeloupéen. On est deux noirs Européens. Ca ne s’explique pas. On en a voulu un peu plus que les autres, ce n’était pas une chose impossible. C’est comme pour la question précédente, les portes sont ouvertes pour tout le monde, il faut savoir persévérer et y croire jusqu’au bout : c’est aussi simple que ça.”

Par Florian Gautier Publié le mardi 28 avril 2015