Hervé Mathoux

À la barre de la célèbre émission “Canal Football Club” sur Canal +, Hervé Mathoux reste dans l’ombre des spécialistes qui défraient (ou pas) la chronique. Nous avons décidé de mettre l’accent sur ce personnage, qui mérite une reconnaissance à la hauteur de son talent. Dans ce cas, une simple interview ne suffirait pas…et pourtant. … Continuer la lecture de « Hervé Mathoux »

Par Florian Gautier Publié le vendredi 31 mars 2017

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Conversation

À la barre de la célèbre émission “Canal Football Club” sur Canal +, Hervé Mathoux reste dans l’ombre des spécialistes qui défraient (ou pas) la chronique. Nous avons décidé de mettre l’accent sur ce personnage, qui mérite une reconnaissance à la hauteur de son talent. Dans ce cas, une simple interview ne suffirait pas…et pourtant.

Lathlète.fr : Racontez-nous votre parcours

Hervé Mathoux : “Mon parcours est assez classique : j’ai fait une faculté de lettres, puis j’ai passé  le concours de l’IPJ : j’en suis sorti à l’issue des deux ans (en 1989) avec, entre-temps, le service militaire (rires). J’ai travaillé sur le réseau Radio France pendant six mois, avant de revenir à Paris, pour intégrer une petite chaîne locale. J’ai été ensuite, pris à TF1 : d’abord en stage, puis en pige, avant d’intégrer le groupe. En 1998, je suis entré à Canal + en septembre, après avoir été contacté pendant la Coupe du Monde.”

Lath. : Comment prépare-t-on une émission comme le Canal Football Club ? Comment choisissez-vous l’invité ?

H.M : “Pour parler de l’invité, on a une réflexion globale, et on essaye d’être dans l’actu. Il y a plusieurs cas de figure : on bloque l’invité à la fin, le samedi soir après les matchs ; d’autres fois on peut anticiper en ayant la personne six, voire quinze jours avant. Le choix de l’invité, c’est un savant mélange de joueurs incontournables, de stars, et de joueurs que nous avons envie de faire connaître. Ceux qui envoient une image positive du foot, qui sont intéressants et que nous avons envie d’entendre. La difficulté, c’est de coller à l’actualité. C’est beaucoup d’énergie car les footballeurs ne sont pas des artistes en promo : ils n’ont donc rien à vendre, si ce n’est le plaisir d’être sur un plateau. Le Canal Football Club est le vaisseau amiral des sports à Canal +. Une petite équipe, autour de Karim Nedjari, réfléchit : il faut à la fois exploiter les images, et faire en sorte que l’émission soit le moment où les débats se font, les choses importantes se disent.”

Lath. : Comment concevez-vous votre métier, à une époque où les médias ont énormément évolué ? 

H.M : “La question est très vaste. Le but de notre métier est, à la fois, d’informer, et de distraire. Il faut de la rigueur et du travail. Mais le sport reste un divertissement pour les gens. C’est être sérieux, sans se prendre au sérieux, et offrir un moment de plaisir pour les gens qui nous regardent. Le tout, avec une rigueur journalistique. Tout le monde est média, tout le monde peut avoir une résonance médiatique. Les sources de médias ont été multipliées par dix, par cent, par mille : c’est de plus en plus important de savoir distinguer ce qui est réellement une information. La chasse à l’info, il y a quelques années, était un désert où il fallait creuser ; aujourd’hui, nous sommes dans une jungle où il faut couper au “coupe coupe”pour aller chercher l’info.”

Lath. : Vous êtes-vous donné une ligne de conduite personnelle à suivre ?

H.M : “La ligne de conduite est ce qu’est le journalisme. Nous, nous sommes là pour informer, pour chercher la vérité, ou en tout cas dire des choses qui ont été vérifiées. Le principe du journalisme n’a pas changé, lorsqu’il est pratiqué par des professionnels.”

Lath. : On parle beaucoup de Falcao et de Cavani. Mais, n’est-ce pas un transfert comme celui de Krasic à Bastia, qui révèle le nouveau statut de la Ligue 1 ? 

H.M : “Il y a deux Ligue 1. Celle qui concerne Paris et Monaco….et dans une moindre mesure Marseille, et celle qui fait de la récup’. Falcao et Cavani (cela fait des années que l’on n’a pas eu ça), sont des joueurs qui évoluent au sommet de leur carrière ! Dans le cas de Krasic, on est dans quelque chose de plus classique dans le championnat de France, à savoir le rebond après l’échec. Il faut être malin pour flairer ces bons coups : parfois ça marche, parfois ça ne marche pas. Les dix-sept autres clubs sont dans cette optique.”

Lath. : N’avez-vous pas envie de commenter ou de présenter une émission sportive, autre que le football ?

H.M : “Non, parce que je suis un footeux. Petit, je regardais cinq ou six matchs par week-end, plus ceux que je jouais. Je m’intéresse à toute l’actu sportive, mais mon sport est le foot. Il n’y a rien qui ne m’excite plus que le foot.”

Par Florian Gautier Publié le vendredi 31 mars 2017