Matthew Goss

En remportant un monument (Milan-Sanremo) en 2011, le coureur australien Matthew Goss est passé de l’ombre à la lumière. Une lumière un peu trop aveuglante pour le sprinter qui n’est ensuite devenu que… l’ombre de lui-même. En signant chez MTN-Qhubeka cette année, il tente un coup de poker : se relancer à 28 ans.  Lathlète.fr : Vous … Continuer la lecture de « Matthew Goss »

Par Florian Gautier Publié le lundi 02 mai 2016

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Conversation

En remportant un monument (Milan-Sanremo) en 2011, le coureur australien Matthew Goss est passé de l’ombre à la lumière. Une lumière un peu trop aveuglante pour le sprinter qui n’est ensuite devenu que… l’ombre de lui-même. En signant chez MTN-Qhubeka cette année, il tente un coup de poker : se relancer à 28 ans. 

Goss

Lathlète.fr : Vous avez signé chez MTN-Qhubeka pour relancer votre carrière. Comment avez-vous vécu vos premiers mois ?

Matthew Goss : “Ça a été génial en terme d’adaptation au sein de l’équipe, j’étais très heureux, même si les résultats ont été un peu mitigés à cause de quelques chutes et d’une blessure au mauvais moment. Mais je suis convaincu que les résultats vont finir par arriver.”

Lath. : On peut dire que vos meilleures saisons étaient en 2011 et 2012, quand vous n’aviez que 24-25 ans. Comment vous l’expliquez ?

M.G : “Je ne sais pas trop comment expliquer ça… Je pense que depuis 2010 j’ai eu de bons résultats, mais je ne saurais pas dire pourquoi ils sont surtout intervenus en 2011 et 2012. C’est pourquoi je pense que j’avais besoin de changer d’équipe, pour tenter de repartir de zéro et retrouver le chemin de la victoire sur les courses qui me conviennent. L’équipe MTN-Qhubeka m’a donné cette opportunité en me faisant confiance.”

Lath. : Ces deux dernières saisons chez Orica, vous n’avez gagné qu’une fois…

M.G : “Oui c’est vrai, je n’ai remporté qu’une étape sur Tirreno-Adriatico, en 2013. Je ne sais pas pourquoi c’était le cas mais c’est pour ça que j’ai pris la décision de changer d’équipe. Parfois, c’est juste l’environnement qui joue et j’ai signé chez MTN-Qhubeka pour prendre un nouveau départ, dans un nouvel environnement.”

Lath. : Comment avez-vous vécu cette situation ?

M.G : “Ce qui est sûr, c’est que je veux changer ça durant les prochaines courses ! Je sais que si je m’entraîne bien et que je cours bien, j’ai l’équipe qui peut m’apporter tout ce dont j’ai besoin pour gagner. Il faut donc que je mette tous ces facteurs en marche pour avoir l’espoir de lever les bras de nouveau et rapidement.”

Lath. : Avez-vous signé chez MTN-Qhubeka en sachant qu’il y aurait dans l’équipe Bos, Boasson Hagen et Farrar ?

M.G : “Oui, je savais que l’équipe était en discussion avec ces gars-là et qu’ils pourraient faire partie de l’équipe. Et je pense en fait que c’est une bonne chose, comme vous avez pu le voir pendant Tirreno-Adriatico, où nous avons travaillé tous ensemble. Certes, nous n’avons pas gagné, mais nous avons fait preuve d’un fantastique travail d’équipe. Quand je courais avec HTC en 2010-2011, j’étais dans l’équipe de Cavendish, Greipel, Renshaw… C’étaient tous de grands vainqueurs et ça a très bien fonctionné.”

Lath. : Avec en plus Ciolek, est-ce que ça ne fait pas trop de sprinteurs ?

M.G : “Non je ne pense pas. On ne participe pas tous aux mêmes courses et quand on le fait, il n’y a pas d’ego dans l’équipe : on est tous heureux de travailler pour les autres et c’est pour ça, je pense, que l’équipe peut très bien fonctionner.”

Lath. : Chez HTC, vous étiez dans l’ombre de Mark Cavendish et André Greipel, vous aviez moins de pression. C’était plus facile ?

M.G : “C’était chouette d’être dans la même équipe que ces coureurs là. Ils m’ont énormément appris et c’est sûr, il y a moins de pression sur les courses quand tu es avec ce genre de coureurs. Mais pour la plupart des cyclistes, la pression vient de toi même et pas de l’extérieur. Je me suis mis la pression tout seul pour être performant.”

Lath. : Vous avez gagné Milan-Sanremo en 2011. Cette victoire vous-a-t-elle propulsé en haut de l’affiche quand vous n’y étiez pas prêt ?

M.G : “Je ne pense pas car j’avais de bons résultats avant. J’ai remporté le GP Plouay, une étape du Giro et d’autres grosses courses. J’ai eu le reste du temps de bons résultats, en terminant deuxième aux Championnats du monde de 2011 justement. Et même en 2012, j’ai remporté une étape du Giro et j’ai fait, il me semble, neuf podiums sur des étapes de grands tours (huit en réalité, ndlr).”

Lath. : Le cyclisme australien est vraiment connu depuis les années 2000 (excepté Anderson en 1981). Avez-vous un rôle d’ambassadeur ?

M.G : “Non, mais j’aide les jeunes cyclistes quand je peux. Mais je n’ai pas de rôle officiel d’ambassadeur.”

Lath. : Pourquoi et comment le cyclisme australien s’est-il développé d’un coup ?

M.G : “De base, en Australie il y a de fantastiques organisations qui sont en place, des instituts d’état, l’Institut australien du Sport…Tout cela a vraiment aidé les jeunes cyclistes à se faire un place en Europe et à devenir professionnel. Ils apprennent dès le plus jeune âge comment devenir professionnel.”

Lath. : À la fin de votre carrière, allez-vous prendre en main une équipe ou une instance du cyclisme (comme Bobby Julich) ?

M.G : “Je pense que j’ai encore quelques années avant de pouvoir me demander ce que je ferai une fois à la retraite sportive. Au moment présent, je ne sais pas encore ce que je ferai. Pour l’instant je suis heureux de faire du cyclisme.”

Par Florian Gautier Publié le lundi 02 mai 2016