Maxime Bouet

Disponible, ouvert, réceptif…le coureur français, Maxime Bouet, n’a pas la langue dans sa poche. Lathlète.fr en a profité pour faire un tour d’horizon du cyclisme professionnel. Cette saison, il a tout connu : les grandes courses, les chutes et la paternité. De quoi forger un homme.  Lathlète.fr : Quel bilan faites-vous de votre saison ?  … Continuer la lecture de « Maxime Bouet »

Par Florian Gautier Publié le mardi 16 avril 2013

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Conversation

Disponible, ouvert, réceptif…le coureur français, Maxime Bouet, n’a pas la langue dans sa poche. Lathlète.fr en a profité pour faire un tour d’horizon du cyclisme professionnel. Cette saison, il a tout connu : les grandes courses, les chutes et la paternité. De quoi forger un homme. 

Bouet Bouet

Lathlète.fr : Quel bilan faites-vous de votre saison ? 

Maxime Bouet : “Ma chute au Tour de France a complètement bousillé mon Tour et ma fin de saison. Par contre, je retiens mon début de saison jusqu’au Tour de France : j’ai fait de très bonnes places sur des grandes courses. J’ai remporté une étape sur le Tour du Trentin où j’ai fait troisième au général, j’ai été dans le top 10 à Oman, j’ai fait sixième du Critérium International. Je ne suis pas un coureur français très connu mais j’ai fait des bons résultats. Je n’ai jamais vraiment eu de coup de moins bien. C’était un début de saison très régulier. Le Tour de France était bien parti, avec de bonnes sensations, malheureusement cette chute m’a complètement arrêté. Sur cette fin de saison, je ne peux pas trop en parler (rires), y’a pas grand chose à dire.”

Lath.: Racontez-nous le déroulement de la préparation physique et mentale d’un coureur professionnel 

M.B : “La préparation physique et mentale, c’est toute l’année. Même quand on est en vacances, on a toujours un petit vélo au coin de la tête qui nous rappelle qu’il faut faire attention à la nourriture, ne pas prendre trop de poids. C’est aussi pas mal de footing, de musculation et de gainage. Au fur et à mesure que l’on se rapproche de la saison, on rajoute du vélo par rapport à la course à pied. On arrive à la mi-décembre en ne faisant que du vélo pour attaquer les courses fin janvier/début février. Pour nous, l’équipe AG2R la Mondiale, on a la psychologue qui vient durant les stages. C‘est un sport où le mental joue tous les jours, rien que pour les grosses séances et les entraînements. C’est ce qui fait la différence chez les jeunes pour passer professionnel.”

Lath. : Est-ce que les opérations ou blessures, peuvent avoir un impact positif sur la carrière d’un sportif ? 

M.B : “Je me suis fait opérer le 20 ou 22 juillet d’une fracture du radius. Après cette opération, je me suis beaucoup entraîné à la maison sur home trainer. Le jour où j’ai eu l’accord du chirurgien qui m’a opéré, pour retourner faire du vélo sur route, j’ai attrapé, après deux jours d’entraînement, l’appendicite. C’est plutôt ça qui m’a stoppé, que la fracture de mon bras. Mon épouse a accouché pendant que j’étais arrêté : j’étais donc là pour l’aider. Pour certains, le fait de se reposer peut aider pour les dernières courses de l’année. Mais c’est compliqué pour revenir à un niveau optimum. Ça forge un mental.”

Lath. : Quels sont vos objectifs pour la saison à venir ? Avez-vous changé de vision de carrière depuis vos débuts ?

M.B : “J’ai commencé chez Agritubel (ndlr : en 2008), et la plus grosse image que j’ai de ma carrière, c’est mon premier Paris-Nice : j’avais 20 ans, j’étais complètement largué tous les jours et je pensais que je n’y arriverai jamais ! Je me disais que je n’étais pas au niveau, que je n’avais rien à faire chez les pros. Tellement que j’étais mauvais, je pensais que les autres se dopaient. Quatre ans après, je fais quatorzième de Paris-Nice ! En travaillant beaucoup et en étant motivé, on arrive à progresser énormément. Jusqu’à ma chute au Tour de France, j’avais passé un petit cap. Je flirte avec le top 10, je suis à ma place. Quant on a de l’ambition, et je suis ambitieux, le but est de remporter des courses.” 

Lath. : Doit-il y avoir une ré-organisation des instances du cyclisme ? Et comment voyez-vous l’avenir de votre sport ?

M.B : “Votre question doit porter sur le dopage ? On est le sport le plus contrôlé au monde, notamment en France. Cette année, il y a eu environ 1200 contrôles dans le cyclisme, contre 550 et 540 dans le foot et le rugby : ils ont un rapport en pourcentage de dopés, plus important que chez nous. Il y a de moins en moins de coureurs dopés, mais il y en aura toujours ! Moi je pense que le système ADAMS (ndlr : système d’administration et de gestion antidopage) ne sert pas à grand chose. C’est extrêmement contraignant de remplir un calendrier tous les jours. J’ai l’impression qu’il y a plus de coureurs qui se font mettre à l’arrêt car ils ont mal rempli ce calendrier, de par une négligence ou des erreurs. Moi, ça m’est arrivé une fois : je trouve très bête de suspendre des coureurs parce qu’ils ont mal rempli leur calendrier. Imaginez que vous devez aller au cinéma, vous coupez votre téléphone comme tout le monde, et que l’on vous appelle : vous loupez le contrôle et vous êtes donc sanctionné, parce que vous êtes au cinéma avec votre épouse. C’est honteux. C’est de l’atteinte à la vie privée. Il y a des choses plus simples pour la localisation : je suis presque partant pour que l’on me donne une sorte de GPS.” 

Lath. : Avez-vous le temps de regarder, de vous intéresser, ou même de pratiquer d’autres sports ?

M.B : “Je m’intéresse au foot. J’habite à Marseille, donc je suis obligé (rires). J’aime regarder le ski de fond ou le biathlon, même si je ne pratique pas du tout. Sinon, je suis un fan de sport, donc, dès qu’il y a les Championnats du monde d’athlétisme, ou de natation, je regarde. J’aime beaucoup aller regarder les courses de jeunes autour de chez moi. Je suis un grand passionné de sport.” 

Par Florian Gautier Publié le mardi 16 avril 2013