Thomas Savare

Chef d’entreprise et passionné de rugby, Thomas Savare préside le Stade Français depuis 2011. Au cœur d’une saison qui voit le club parisien jouer les premiers rôles, il a accepté de répondre à nos questions sur son actualité, sa politique et son avenir. Lathlète.fr : Nous sommes à la veille du tournoi des Six nations … Continuer la lecture de « Thomas Savare »

Par Didier Guibelin Publié le jeudi 01 janvier 2015

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Conversation

Chef d’entreprise et passionné de rugby, Thomas Savare préside le Stade Français depuis 2011. Au cœur d’une saison qui voit le club parisien jouer les premiers rôles, il a accepté de répondre à nos questions sur son actualité, sa politique et son avenir.

SF

Lathlète.fr : Nous sommes à la veille du tournoi des Six nations et plusieurs de vos joueurs comme Alexandre Flanquart et Rabah Slimani sont sélectionnés en équipe de France, toute comme Sergio Parisse en équipe d’Italie alors qu’il y a encore deux doublons. C’est un cap difficile à passer qui vous avait coûté cher la saison dernière. Est-ce que vous le craignez ?

Thomas Savare: “Oui, c’est un cap toujours délicat à passer. Surtout qu’aux joueurs que vous citez, il faut aussi rajouter Davit Kubriashvili et Zurab Zhvania qui jouent le tournoi des Six nations B avec la Géorgie. Cela va impacter notre effectif pour deux matchs. Mais bon, on est prévenus, on sait que ça va être délicat comme tous les ans. Donc on verra bien.”

Lath. : François Trinh Duc est blessé et Jules Plisson réalise un très bon début de saison. Malgré cela, il n’a pas été convoqué pour le tournoi, êtes vous surpris?

TS: “Non, pas tellement. C’est un choix qui est assez cohérent avec le discours de Philippe Saint André, qui dit qu’il veut stabiliser sa charnière et ne pas en changer sans arrêt. Ce qui est assez paradoxal, c’est qu’on se plaignait de la faiblesse du réservoir d’ouvreurs français il y a trois ou quatre ans. Alors qu’aujourd’hui, avec la progression de Camille Lopez et les retours au premier plan de Lionel Beauxis ou Pierre Bernard, il y a une concurrence vraiment importante à ce poste.

Après, ça ne signifie pas non plus que Jules n’a aucune chance de jouer la Coupe du monde. S’il fait une bonne fin de saison, et en fonction des performances méformes ou blessures des uns et des autres, il peut encore tout à fait leur passer devant.”

Lath. : Tous les joueurs que nous avons cités sont des joueurs formés au club ou qui, comme Parisse, y sont arrivés très jeunes. Pour un club qui a longtemps eu une réputation, certes pas forcément justifiée, de club de stars, c’est plutôt agréable, non?

TS: “Il y a certes eu une période, sous la présidence de Max Guazzini, où le club avait atteint l’objectif très relevé d’atteindre l’élite rapidement en montant plusieurs saisons d’affilée et en se positionnant comme un candidat au titre dès son arrivée dans l’élite. Et, pour ça, le Stade Français avaient recruté des joueurs confirmés dont beaucoup étaient étrangers.

Maintenant, un club professionnel se construit sur la durée et doit se pérenniser, et cela passe par une bonne politique de formation et un centre de formation performant. C’est une grande satisfaction de voir beaucoup de nos joueurs issus de nos équipes cadets, juniors, espoirs… jouer ensemble en Top 14 après avoir joué ensemble dans les équipe de jeunes. C’est, je pense, une des raisons de la bonne ambiance qui règne dans l’équipe.

Après, nous gardons à l’esprit qu’il y a une part de chance. Bien sûr, ce résultat provient avant tout d’un excellent travail de fond, mais on a une petite part de chance de voir éclore une telle génération de joueurs tous au même moment.”

Lath. : Vous parlez de construction du club dans la durée et on peut voir que vous pratiquez des tarifs d’abonnements et de billetterie très bas. Est-ce indispensable pour “construire” un public et un esprit Stade Français?

TS: “Je pense que c’est indispensable de donner accès au stade à un maximum de gens. C’était d’ailleurs aussi ce que faisait Max Guazzini, notamment lors des délocalisations au Stade de France avec des tickets à seulement cinq euros ou des places offertes aux femmes. Je pense que c’est une politique cohérente avec le fait que le Stade Français est un club populaire et doit le rester.”

Lath. : J’imagine en plus que c’est quelque chose d’important quand on est deux clubs à “se partager” le même bassin de population vu que vous êtes en concurrence avec le Racing Métro.

TS: “Certes, mais pas seulement. Nous sommes aussi en concurrence avec toute l’offre pléthorique de spectacles qu’il y a en Ile-de-France, qu’ils soient culturels ou sportifs.”

Lath. : En parlant de billetterie, on sait que la Fédération française de rugby envisage la construction de son propre stade (1). Il est notamment indiqué dans le projet que ce stade pourrait être utilisé pour les délocalisations des gros matchs du Stade Français ou du Racing Métro. Pensez vous réellement utiliser cette enceinte ?

TS: “Je pense qu’il est encore trop tôt pour le dire. Notre priorité actuelle reste Jean Bouin, la maison du Stade Français, d’y pérenniser un public une ambiance. D’ailleurs, pour la première fois depuis des années, nous n’avons fait aucune délocalisation au Stade de France cette saison. La question de délocaliser dans cette nouvelle enceinte ne se pose donc pas pour l’instant.”

 

(1) Pour (re)lire notre article de novembre sur ce projet: http://lathlete.fr/2014/11/grand-stade-chimere-federale-irrealiste-projet-credible/

Par Didier Guibelin Publié le jeudi 01 janvier 2015