Yonathan Kellerman

Yonathan Kellerman est photographe et réalise des films documentaires. Ce canadien, installé en France depuis quatre ans, a une passion, le sport, qu’il tente d’appréhender à travers des réalisations cinématographiques ou documentaires. Auteur de “Sport : le revers de la médaille”, il a un avis précis sur les arcanes du monde sportif.  Lathlète.fr : Pourquoi … Continuer la lecture de « Yonathan Kellerman »

Par Florian Gautier Publié le lundi 31 mars 2014

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Conversation

Yonathan Kellerman est photographe et réalise des films documentaires. Ce canadien, installé en France depuis quatre ans, a une passion, le sport, qu’il tente d’appréhender à travers des réalisations cinématographiques ou documentaires. Auteur de “Sport : le revers de la médaille”, il a un avis précis sur les arcanes du monde sportif. 

Aileen Bailey in the 200m final, Athens 2004 Olympic Games
Aileen Bailey in the 200m final, Athens 2004 Olympic Games

Lathlète.fr : Pourquoi avoir choisi les domaines de la photographie et du film ? 

Yonathan Kellerman : « J’ai une cousine qui est photographe. Elle voyageait beaucoup et faisait des reportages. Durant mes études, j’ai pris la spécialité cinématographie. Et comme elle, je voyageais beaucoup. Quand j’ai vu que j’avais des compétences en photographie, je me suis lancé. C’est un métier solitaire mais qui est instantané. Dans les reportages vidéos, par exemple, il y a le post-production, l’écriture, la fermeture d’esprit de ceux qui décident. Peu de gens veulent soutenir des projets vraiment intéressants. »

Lath. :  Que voulez-vous exprimer à travers vos reportages ? 

Y.K : « Dans la photographie, je choisis un peu plus ce qui m’intéresse. Souvent, je vais à une manifestation sportive. Il y a toujours une histoire. Ce qui m’intéressait dans la photo, c’était l’intensité, l’émotion immédiate.»

Lath. :  D’où viennent vos inspirations ? 

Y.K : « Je vise le handisport principalement. J’étais aux Jeux Paralympiques : cela m’a convaincu de continuer à étudier ce domaine. J’essaye d’aller aux manifestations handisports. »

Lath. : Votre parcours a-t-il une influence sur la vision de votre travail ? 

Y.K : « Professionnellement, c’est dur de dire que j’ai une influence canadienne sur la photo, car je ne me suis jamais épanoui au Canada au niveau de la photographie. Je n’y ai eu qu’un mentor qui a cultivé mon intérêt culturel. Les photographes auxquels je me suis intéressé étaient parisiens et américains. J’ai longtemps été intéressé par la photographie conflit et post-conflit. Mais mon expérience en Égypte ne m’a pas donné envie de continuer (ndlr : Yonathan s’est fait battre). Je n’ai pas envie de sacrifier ma vie pour des conflits qui me gavent. J’ai estimé que ma vie ne valait pas ces conflits.  

Je comprends que des gens souffrent dans ces pays là, mais les gens qui les dirigent sont très désintéressés par les éventuelles solutions. Mon père est roumain et a vécu en Israël, ma mère est marocaine et a vécu en France…j’ai mes racines là-bas mais ces conflits me gavent. Ce n’est pas pour moi. J’ai vécu trois Jeux Olympiques dans ma vie et c’est magnifique. Cet esprit populaire m’a toujours beaucoup plus. »

Lath. : Qu’avez-vous appris de fondamental sur le sport et les athlètes ?

Y.K : « J’admire beaucoup les athlètes. La prouesse physique m’a toujours intéressé. Les langages du corps m’inspirent beaucoup. Cet acharnement sur la culture de cet effort physique, cette rigueur, me plait : ce n’est pas juste un geste, c’est bien plus. »

 Lath. : Quel sujet, que vous avez travaillé, vous a le plus marqué ? Et pourquoi ? 

Y.K : « Les Jeux Paralympiques. Le stade avait été configuré pour les photographes : j’ai pu travailler dans des conditions vraiment hors-pair. Le mouvement est naissant, même si ça fait longtemps qu’il existe et offre des compétitions de haut niveau. Il lui reste tout de même du travail à effectuer. Ce sont des athlètes purs, qui ne sont pas encore marqués par le sponsoring : la grande majorité ne bénéficie pas de ces dispositions. »

Lath. : Pensez-vous que le sport a un impact sur la société ?

Y.K : « Je pense que oui. Il est détourné pour autre chose, pour un fanatisme de marques. Deux moments m’ont vraiment fait aimer le sport : les Jeux Olympiques d’Atlanta avec la France qui a un intérêt pour beaucoup de sports, contrairement au Canada ; et France 1998 (ndlr : Coupe du Monde de football), car je n’avais jamais vu tant de personnes pacifiques rassemblées. Autant de jeunes, autant de pacifisme…c’était très positif.”

Lath. : Si vous étiez à la tête du CIO, que changeriez-vous ou amélioreriez-vous ? 

Y.K : « C’est contraire à l’esprit du CIO, mais il devrait être un organisme philanthropique. Je ne suis pas contre le fait d’amasser de la fortune. En France, c’est tabou. Les gens qui peuvent faire beaucoup d’argent, peuvent en faire profiter, comme Bill Gates. Des villes s’endettent pour organiser les Jeux, il faudrait trouver un moyen pour les soutenir. Le sport est la seule chose qui est universelle. »

Lath. : Quelles sont vos prochaines échéances ? 

Y.K : « J’enseigne la photo à des groupes particuliers et je prépare un livre. »

Par Florian Gautier Publié le lundi 31 mars 2014