Le trail et la Corse : une histoire d’amour

Sur un terrain de jeu parfait, les amoureux de la montagne et du sport en pleine nature ont été conquis par la course à pied. La difficulté et la diversité des terrains en font sa particularité, lui créant une place de choix dans les destinations les plus convoitées par les montagnards. Profiter des montagnes le … Continuer la lecture de « Le trail et la Corse : une histoire d’amour »

Par Florian Gautier Publié le vendredi 01 août 2014

Lire la suite

En piste

Sur un terrain de jeu parfait, les amoureux de la montagne et du sport en pleine nature ont été conquis par la course à pied. La difficulté et la diversité des terrains en font sa particularité, lui créant une place de choix dans les destinations les plus convoitées par les montagnards. Profiter des montagnes le matin et de la plage l’après-midi laisse rêveur tous sportifs.

Trail-et-la-Corse

Lorsqu’on évoque le sport en Corse, on cite habituellement ses clubs de foot. Mais bien qu’inconnu du grand public, son activité sportive de prédilection est pourtant le trail. Les sportifs foncent à présent de sommet en sommet entre les massifs montagneux, lui donnant un atout exceptionnel.

Les athlètes et la beauté des paysages s’épousent parfaitement le temps de dépasser les limites et de battre les records. “Convivialité, respect et unité” sont les maître-mots de ces sportifs. Avant tout, ce sont les valeurs de vie qui dominent ce sport.

Le courage et la volonté sont impérissables au cœur des montagnes

De nombreux traileurs ont commencé bénévoles pour l’organisation du trail du village, en accompagnant simplement un père ou un oncle mordu de sensations fortes… Il est vrai que les insulaires, dès leurs plus jeunes âges sont confrontés au milieu sportif comme le foot, le rugby ou encore le tennis. Des sports tout à fait communs aux autres régions françaises. Mais grâce à une forte identité culturelle, la jeunesse corse a tendance à s’éduquer dans les montagnes.

Depuis quelques années, l’ampleur au sein des organisations ainsi que la ferveur des habitants ne cessent de s’amplifier. Les plus grands performers sont reconnus dans toute l’Ile et au-delà des mers. Malgré des différences de niveaux, la rivalité se fait rare entre les coureurs… Il n’est pas évident de faire le poids face à Guillaume Peretti, détenteur il y a tout juste un an du record du GR20 ou encore Lambert Santelli et Loïc Giacometti.

Chez les féminines, Nadège Morisseau est réputée pour toujours viser les gros objectifs en très peu de temps. Véronique Filippi se distingue par sa régularité et son courage. Sans oublier Stéphanie Mattei.

Des talents purement corses à la hauteur des antres rocheux

Quatre accros de la montagne témoignent de leur passion et partagent avec intérêt la pratique de cette discipline. Loïc Giacometti est “issu d’une famille de sportifs et organisateur pendant plusieurs années de trail.” Il le dit tout simplement : “Je pense que mon chemin était déjà tracé.”  Stéphane Degiovanni, quant à lui, à fréquenter la montagne très tôt. “Mon oncle m’a fait découvrir ce sport à 17 ans, sur un trail court de 10 kilomètres. Voulant tenter l’expérience j’ai accepté de l’accompagner et j’ai vraiment adoré.” Santu Pasqualaggi a lui découvert ce sport, il y a déjà quelques années : “J‘ai commencé en 1995, c’était juste pour une remise en forme et après je me suis prêté au jeu.” 

Au moment de définir les caractéristiques “du bon traiteur”, tous ont les mêmes réactions. “Un bon coureur c’est celui qui a l’esprit du traileur pas celui qui fait parler de lui par son niveau.” explique Loïc Giacometti.

Le jeune Stéphane Degiovanni s’éloigne des détails techniques ou résultats sportifs : “Le respect de l’environnement sur lequel on évolue ! Pour ma part, un traileur qui pense qu’il est plus fort que la montagne n’est, en aucun cas, dans l’esprit de ce sport.” Un côté plus technique pour Jérôme Magne : “avoir en sa possession une parfaite maîtrise du terrain dans lequel il évolue, c’est primordial. On parle ici du bon descendeur avec un travail cardio important. Mais un grand champion ce n’est pas grâce à ses victoire mais par son savoir vivre.”

En ce qui concerne Stéphanie Mattei, “la représentante féminine insulaire, pleine de prouesse” comme la qualifie Stéphane, pense qu’un bon traileur “c’est un amoureux de la montagne, quelqu’un qui a envie de dépasser ses limites et surtout savoir garder la notion de plaisir.”

Loïc respecte les grands noms. “Si je devais te donner cinq traileurs exemplaires ce serait Christophe Le Saux qui est devenu un ami, un très grand coureur vivant sa passion au quotidien et enchaînant un nombre inimaginable de compétitions à travers le monde entier ; Kilian Jornet, évidemment (!) (vainqueur des plus ultras trails dès son plus jeune âge) ; Dawa Sherpa est une machine à victoire et d’une gentillesse exemplaire ; Anton Krupika, le coureur dit minimaliste et pour finir, Marco Olmo, un coureur italien d’un très grand niveau !” Cependant aucuns d’entre eux ne pèsent face à sa plus grande fierté, son grand-père, Claude Leonardi. Il nous explique son admiration : “Si je cours c’est grâce à lui.  Il m’a proposé de partir faire le marathon des sables 250 kilomètres qu’il avait déjà fait deux fois avec mes oncles. On s’entrainait ensemble le mercredi après les cours, ça reste de bon souvenir ! Je l’ai fait quatre fois ce marathon… C’est un passionné de montagnes, il ne passe pas un jour sans qu’il n’y aille pas. Pour son âge c’est plus que beau ce qu’il fait, il a participé aux plus grandes courses telles que le Marathon des sables, la Diagonale des Fous, le Grand Raid des Pyrénées. C’est pour lui que j’ai, si je puis dire, suivi la lignée Leonardi en faisant aussi de grosses courses comme la CCC (ndlr, Ultra-trail du Mont-Blanc) ou le Tor des Géants étant le plus jeune participant à 20 ans. Il m’aura transmis cette passion qui fait de moi ce que je suis aujourd’hui.” Un cadre hors-norme mais qui ne suffit pas à certains coureurs insulaires. Le Marathon des Sables, les courses internationales, l’Ultra Trail du Mont-Blanc font partie de leurs destinations favorites…

Ce week-end va se dérouler la Restonica Trail à Corte, en Haute-Corse, où plus de 850 coureurs remplissent déjà les listes d’inscriptions…

Chloé Grego


Où en est la question de la taxe FFA sur les courses hors-stade ?

Alors que cette discipline, dont le trail fait partie, se développe à grande vitesse depuis ces dernières années, la Fédération Française d’Athlétisme (FFA) voit l’organisation de ces manifestations lui échapper. En effet, les trails et courses hors stade sont organisés à 90% par des associations et non par des clubs de la FFA. Avec ce type d’organisation, la Fédération ne retire donc aucun bénéfice financier de la pratique de cette discipline.

Cette si grande liberté d’organisation des courses hors-stade est due à l’application d’un décret européen datant de 2011 et qui prévoit que « les manifestations à caractère sportif  se déroulant sur la voie publique sont, selon les cas, soumises à simple déclaration de l’organisateur ou à autorisation préalable de la préfecture. » et donc sans l’aval et l’encadrement de la Fédération.

Lors de l’assemblée générale de la Ligue de Bretagne à Lannion en mars dernier, Bernard Amsalem – Président de la FFA – a évoqué la mise en place d’une taxe qui serait prélevée sur l’inscription de tous les coureurs. Cette nouvelle n’a pas tardé à créer polémiques et autres réactions enflammées de la part des concernés (coureurs, organisateurs…) qui prônent justement cette liberté et ce non-rattachement à la fédération. La réaction de François d’Haene aura notamment été remarquée puisque le plus grand traileur au monde : « Je pense que cela est inadmissible pour un sport qui doit rester libre et tel qu’il nous a tous séduits… » a-t-il dit sur les réseaux sociaux.

Cette mesure de taxation a été revue puisque quelques jours plus tard, Bernard Amsalem revoit son discours :  « Taxer les courses ? Nous n’en avons ni le pouvoir ni les moyens, a souligné d’emblée Amsalem. Nous n’avons pas la prétention de tout régenter. Nous ne voulons pas reconquérir tout le marché ni marcher sur les plates-bandes des autres, mais simplement devenir un acteur et un organisateur de courses. » (source : RMC sport).

Marie Potier

Par Florian Gautier Publié le vendredi 01 août 2014