Enfin un vrai projet européen !

La proposition par Michel Platini que l’Euro 2020 se déroule simultanément dans toute l’Europe, et non plus dans un pays ou deux, est intéressante à plus d’un titre.  En premier lieu, elle remet l’idée d’Europe au centre du jeu à un moment où celle-ci est malmenée dans l’opinion publique. En effet, avec la crise de … Continuer la lecture de « Enfin un vrai projet européen ! »

Par Florian Gautier Publié le vendredi 31 mars 2017

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Mêlée

La proposition par Michel Platini que l’Euro 2020 se déroule simultanément dans toute l’Europe, et non plus dans un pays ou deux, est intéressante à plus d’un titre. 

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En premier lieu, elle remet l’idée d’Europe au centre du jeu à un moment où celle-ci est malmenée dans l’opinion publique. En effet, avec la crise de la zone euro, les sondages se succèdent et montrent que les Européens doutent de plus en plus de l’Europe. Or, à bien y réfléchir, très rares sont les événements fédérant les Européens . Encore plus rares sont ceux se déroulant dans plusieurs pays simultanément. On peut évidemment penser aux tournois par clubs comme la Ligue des Champions qui se déroule chaque année dans des dizaines de pays en même temps mais les meilleurs clubs ne sont soutenus  au mieux que par quelques millions de personnes (quid de Cluj et de Montpellier par exemple ?) : pas de quoi fédérer les Européens donc… En revanche, un Euro de football suscite l’intérêt de plusieurs centaines de millions d’individus et un événement paneuropéen ferait se sentir encore plus de personnes impliquées dans le projet que d’ordinaire.

Dans ces temps d’austérité, l’Euro paneuropéen constitue également une bonne idée d’un point de vue économique.  En effet, comme l’ont montré Simon Kuper et Stefan Szymanski dans Soccernomics, l’organisation d’un Euro ou d’une Coupe du monde coûte très cher et n’est jamais rentable financièrement du point de vue de l’Etat, les dépenses publiques étant toujours largement supérieures aux recettes générées par l’événement. L’organisation des grands événements sportifs est souvent une victoire politique puisqu’elle accroît le bien-être des citoyens mais un fardeau économique car elle se traduit par une feuille d’impôts plus corsée pour eux. La ministre des sports, Valérie Fourneyron, a récemment indiqué que 1,5 milliard d’euros de fonds publics sera utilisé pour l’Euro 2016 en France. Au lieu de faire porter le poids des dépenses relatives aux constructions/rénovations de stade sur un seul État (ou deux), iI apparaît donc comme plus intelligent de mutualiser les coûts. Par ailleurs, l’Euro paneuropéen évitera à l’UEFA de demander à un pays de construire un stade de 80 000 personnes dont il n’aura pas l’utilité par la suite puisque le Camp Nou ou Wembley existent déjà et feraient de magnifiques théâtres des demi-finales voire de la finale.

En réalité, la seule question à se poser sur l’Euro paneuropéen est : pourquoi ne le faire qu’en 2020 ?

Par Florian Gautier Publié le vendredi 31 mars 2017