Éthiopie, juste récompense ?

Qualifiée pour les barrages de la Coupe du monde 2014, zone Afrique, l’Éthiopie mérite que l’on lui accorde de l’attention : et pour cause, le champion de 1962 de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), affrontera le champion en titre, le Nigeria. Elle aura à coeur de montrer toute l’étendue de son talent. Au niveau … Continuer la lecture de « Éthiopie, juste récompense ? »

Par Florian Gautier Publié le dimanche 31 mars 2013

Lire la suite

Mêlée

Qualifiée pour les barrages de la Coupe du monde 2014, zone Afrique, l’Éthiopie mérite que l’on lui accorde de l’attention : et pour cause, le champion de 1962 de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), affrontera le champion en titre, le Nigeria. Elle aura à coeur de montrer toute l’étendue de son talent.

ethiopie

Au niveau sportif, lorsque l’on évoque l’Éthiopie, on pense tout de suite à l’athlétisme. C’est un tort de croire qu’elle ne se complait que dans cette discipline même si, généralement, elle y brille. C’est une terre de football, comme aime à le rappeler Mansour Loum, rédacteur en chef de afrik-foot.com : « C’est une idée reçue de penser que l’Ethiopie se découvre soudainement une passion pour le football et a un certain niveau de compétitivité. Jusqu’aux débuts des années 70, le football éthiopien, du moins la sélection nationale, participait souvent aux compétitions continentales, même si les résultats n’étaient pas forcément au bout. Après, c’est vrai qu’il y a eu une grosse traversée du désert, de près de 30 ans : celle ci a été due à la situation du pays, mais aussi à un problème de joueurs. » L’Éthiopie pointe à la quatre-vingt-treizième place du classement FIFA, devant la Nouvelle-Calédonie et Oman. Certes, ce n’est pas un classement resplendissant mais l’association éthiopienne s’avère être récente : créée en 1943, elle s’est affiliée à la FIFA en 1952. Son palmarès n’en est pas moins fourni : victorieuse à une reprise de la CAN (en 1932), elle a remporté quatre éditions de la CECAFA Senior Challenge Cup (1987, 2001, 2004, 2005), qui est l’équivalent national de la Coupe Kagame Inter-Club : elle oppose les nations d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Est. Outre son équipe masculine, l’Éthiopie compte une sélection féminine entraînée par Abraham Haimanot. 

Une phase de poule dominée

Si sa domination sur les autres équipes a fait des émules, il est important de connaître le point de redressement du football éthiopien. Mansour Loum nous éclaire : « Le football éthiopien est vraiment de retour au premier plan depuis 3-4 ans. Et ça s’est traduit au niveau des résultats avec l’arrivée de Sewnet Bishaw sur le banc. L’équipe a commencé à être plus solide, et a progressivement enchaîné des résultats, qui ont permis d’aller à la CAN 2013, et d’être barragiste pour la Coupe du monde. » Figurante dans le groupe A, elle a du se confronter au Botswana, à la République Centrafricaine et à l’Afrique du Sud. Au final, c’est une première place décrochée devant le pays organisateur de la Coupe du monde 2010. En comptabilisant des victoires nettes face à la République Centrafricaine (2-0, 2-1) et un bilan positif face à l’Afrique du Sud (1-1, 2-1), elle s’est fait une frayeur face au Botswana : après une courte victoire un à zéro, elle perd le match retour sur tapis vert, pour avoir aligné un joueur inéligible, Minyahil Teshome. On retiendra, pour l’anecdote, que c’est ce même joueur qui gratifiera son pays du but salvateur.

Sur le terrain, l’équipe a fait preuve d’une grande solidarité malgré l’absence de joueurs stars. «  Les joueurs qui sortent un peu du lot et qui tirent les autres vers le haut sont : le capitaine Adane Girma, l’attaquant vedette, Saladin Said (évoluant en Belgique), mais aussi le gardien Jemal Tassew. Il y a Getaneh Kebede, la star montante, qui évolue dans le club champion d’Ethiopie la saison dernière », nous explique Mansour Loum. Il enchaîne : « La principale force de l’équipe, c’est avant tout son collectif. Il n’y a pas de réelle individualité qui se dégage vraiment du groupe. Ils ont certes 2-3 joueurs qui sont un peu au-dessus, mais leur ensemble est homogène. Ils sont issus du championnat local. Leur sélectionneur aussi, Sewnet Bishaw, qui est en poste depuis 2011, est connu pour être un travailleur et un fin tacticien. A défaut de bien jouer, l’équipe peut parfois faire déjouer son adversaire. Et aussi, la nouveauté constatée ces derniers mois, c’est la forte affluence quand l’équipe nationale, ou même les clubs engagés dans les compétitions continentales, jouent à domicile ». 

L’Éthiopie aura fort à faire. D’autant plus, qu’elle connaît déjà son groupe pour le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), compétition organisée tous les deux ans en alternance avec la CAN : le Ghana, la Libye, et le Congo Brazzaville, lui tiendront tête au sein du groupe C. Rappelons que, seuls les joueurs issus du championnat national seront sélectionnables : un avantage pour l’Éthiopie !

Par Florian Gautier Publié le dimanche 31 mars 2013