Média : Les Bleus et le manque de mesure

Honteux, indignes, dépourvus de talent, inexistants, tels étaient les qualificatifs employés par la presse française samedi matin. Et nous parlons ici des mots les plus modérés et retenus. Durant tout le week-end dernier, l’équipe de France était le sujet numéro un. Rectification. Le sujet de blagues numéro un. Dans les commentaires, tous étaient responsables. Du … Continuer la lecture de « Média : Les Bleus et le manque de mesure »

Par Florian Gautier Publié le vendredi 15 novembre 2013

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Mêlée

Honteux, indignes, dépourvus de talent, inexistants, tels étaient les qualificatifs employés par la presse française samedi matin. Et nous parlons ici des mots les plus modérés et retenus.

Médias

Durant tout le week-end dernier, l’équipe de France était le sujet numéro un. Rectification. Le sujet de blagues numéro un. Dans les commentaires, tous étaient responsables. Du sélectionneur Didier Deschamps, incapable de composer une équipe cohérente, à Franck Ribéry, inoffensif dans les matchs décisifs et décevant, en passant par Evra, Abidal, Koscielny, Nasri. Bref, tous dans le même panier. Le fantôme de Knysna, la taxe à 75%, l’argent, tout était débattu, mélangé, transformé.

Dans ce pessimisme exagéré, politiques, people ou juste amateurs du ballon rond y allaient de bons mots en provocation pour faire des bleus, la risée… de la France, à défaut du monde. La phrase “Il vaut mieux ne pas y aller afin de ne pas être ridicule” a régulièrement été prononcée après la déroute de Kiev. Les réseaux sociaux ont leur part dans ce mouvement avec les tweets de Rama Yade, les chroniques de dézingage de Pascal Praud, les mises en vente de l’équipe de France sur le site “Le bon coin” par des internautes… Entre humour et acharnement gratuit, certaines limites ont été franchies.

Alors oui, il est vrai que les Bleus sont passés totalement à coté de leur prestation vendredi soir. Mais dans le contenu du match, tout n’était pas négatif, à l’inverse de certains matchs de qualification autrement plus médiocres. Le match en Géorgie en particulier a été ponctué d’un sinistre 0-0. Et surtout il restait un match retour. A domicile, en prime. Personne n’a insisté sur le véritable niveau de cette sélection ukrainienne. Un niveau de 24ème au classement Fifa. Soit un adversaire moyen.

Enfin, les suspensions de Fededsky et Kuscher allaient handicaper fortement cette défense. Deux titulaires indiscutables en moins. Mais en France on préfère s’attarder sur son nombril à défaut de voir chez l’adversaire un axe de possible développement. Idem pour la difficulté de gérer ce type de situations pour les Ukrainiens. Eux qui par deux fois avaient manqué d’assurer leur qualification directement en éliminatoire, par manque d’expérience. On pouvait, ne serait-ce qu’en parler? Inutile, l’important était de déverser sa bile et son rejet des bleus.Le désamour et l’incompréhension autour des bleus est tellement élevé que ces paramètres ont été oubliés à la faveur d’un lynchage tous azimuts sur l’ensemble du football français. Dans cet océan de partialité à la limite du malsain, peu ont réussi à faire preuve de recul.

Et maintenant?

Après ce match retour parfait sur le point de vue du jeu, où le résultat 3-0 était plus que logique, comment vont se positionner ces mêmes détracteurs? Un début de réponse est arrivé au coup de sifflet final. Scène de joie, communion avec le public, commentaires dithyrambiques sur la mentalité et l’envie de ce onze titulaire ont été les premiers éléments de réponse à l’issue de ce succès.

Mais une fois encore, où est la mesure dans tout cela? Qui aura le courage de dire que cette équipe a un niveau moyen mais intéressant avec des joueurs capables de progresser. Néanmoins, elle n’a pas le talent de ces devancières victorieuses, (1984,1998 et 2000, 2006).

Qu’on laisse travailler Deschamps, qu’on le juge sur le résultat final. Au regard de sa contribution à l’institution Équipe de France, cela apparait comme un minimum. Surtout que l’on garde un minimum de mesure vis à vis de ces Bleus. Car passer en cinq jours de “Tous pourris” à “Tous géniaux”, cela est déroutant et fatiguant. De l’extérieur…

Par Florian Gautier Publié le vendredi 15 novembre 2013