Vers une pratique responsable du sport

Question centrale dans notre société actuelle, le respect de l’environnement fait désormais partie intégrante de nombreux domaines. Dans le sport, nombre d’événements, clubs, fédération ou athlètes eux-mêmes y attachent de plus en plus d’importance. Le cas contraire allant jusqu’à entraîner une mauvaise image auprès du grand public, lui-même grandement sensibilisé à cette question. Réduction des … Continuer la lecture de « Vers une pratique responsable du sport »

Par Florian Gautier Publié le samedi 01 avril 2017

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Mêlée

Question centrale dans notre société actuelle, le respect de l’environnement fait désormais partie intégrante de nombreux domaines. Dans le sport, nombre d’événements, clubs, fédération ou athlètes eux-mêmes y attachent de plus en plus d’importance. Le cas contraire allant jusqu’à entraîner une mauvaise image auprès du grand public, lui-même grandement sensibilisé à cette question. Réduction des déchets, éco-communication, limitation de la consommation des ressources ou encore éco-mobilité dans les transports, les possibilités sont nombreuses pour devenir éco-responsable et plus aucune excuse n’est acceptable tant ces solutions sont devenues abordables. 

Wembley

On peut en effet dire que le sport et l’environnement sont deux thématiques liées puisque c’est une activité humaine qui a obligatoirement des répercutions sur ce qui l’entoure, sur le milieu dans lequel l’activité est exercée. Il devient donc indispensable de travailler sur ces deux éléments à la fois dès lors qu’un événement sportif est organisé et que l’environnement va être altéré par la venue d’athlètes, de public… Les aspects de l’organisation devront prendre en compte l’impact sur la sphère environnementale afin de limiter voire supprimer ceux-ci. En plus d’agir dans un souci moral, la conception d’un événement sportif éco-responsable entraîne un fort sentiment de sympathie auprès du grand public.

Aujourd’hui la notion d’éco-responsabilité permet de se différencier des autres, puisqu’elle n’est pas encore mise en pratique par tous les clubs ou événements sportifs, bien qu’elle se banalise depuis quelques années. A long terme, il paraît évident que ce concept ne sera plus un élément de différenciation mais bien une base pour toute organisation sportive.

L’élite sportive fait figure de modèle dans notre société et a donc également un rôle important à jouer. En effet, les actions éco-responsables des grands sportifs créent une forme de sensibilisation et surtout de promotion de ces pratiques. À l’instar de la navigatrice Maud Fontenoy, qui a créé il y a huit ans la Maud Fontenoy Fondation, qui mène des actions d’éducation à l’environnement auprès de la jeune génération et du grand public pour préserver nos océans, plusieurs sportifs affirment publiquement leurs engagements. Dans ce sens, la Fédération française de triathlon a par exemple mis en place en 2010 son Agenda 21 dans lequel elle prend des engagements environnementaux liés à ses activités. Un signe donc, que la prise de conscience dans le milieu sportif des fédérations et organisateurs d’événements est bien enclenchée, et c’est une bonne nouvelle !

L’importance du sponsoring responsable

Partie sans laquelle un événement sportif ou une organisation sportive ne saurait exister, le sponsoring est une source principale de financement.

La question pourrait se poser de s’associer ou non à des éco-partenaires. Il est évident que la crédibilité de l’organisateur d’événement ou du club en question n’en sera que meilleure si les sponsors associés évoluent dans cette même logique. Compte-tenu des problématiques actuelles liées à la difficulté de plus en plus présente de trouver des sources de financement, la tentation peut être grande de ne pas exiger d’engagements environnementaux de la part de ses partenaires. Cependant, il est indispensable de démontrer à ces derniers qu’un tel engagement est bénéfique pour les trois parties prenantes : lui-même, l’événement/club/fédération et l’environnement.

Dans le cas des partenaires de certains événements comme les Éco-Games ou les Internationaux de tennis de Strasbourg qui se revendiquent comme “éco-responsable”, les organisateurs incitent fortement leurs partenaires à adopter une démarche responsable. Selon Didier Lehénaff, créateur des Éco-Games et président de l’association SVPlanète, il est primordial d’être en harmonie avec ses sponsors : “Adopter une telle démarche implique d’être cohérent du point de vue marketing. On ne peut pas défendre des valeurs sportives et être sponsorisé par une marque de soda”, affirme-t-il. *

On notera pourtant que des événements tels que les Jeux Olympiques ou la Coupe du monde de football s’associent à des marques telles que Coca-Cola et McDonald’s, malgré leur volonté de s’affirmer comme éco-responsables…

Pour certains annonceurs, tel que Generali, le sponsoring responsable est même intrinsèque à leur stratégie de communication. L’assureur a ainsi créé les “Trophées du sport responsable” afin de récompenser les clubs sportifs “verts”. Generali s’implique fortement auprès des fédérations et clubs en les accompagnant dans la mise en œuvre de leurs actions responsables, parmi eux la Fédération française de tennis de table, la Fédération française d’équitation, Fédération de voleyball, et Fédération de voile bien sûr.

Fausse bonne image

Mais attention, fuyons le greenwashing ! Oui, toutes ces marques ou événements qui prétendent respecter l’environnement mais qui sont en réalité aussi verts qu’une centrale nucléaire.

Rappelez-vous, lors des Jeux Olympiques de 2012 à Londres (nommés “Jeux verts” et défendant une pratique durable du sport en plaçant l’enjeu environnemental au cœur de la célébration sportive), une polémique de ce type avait éclaté. En effet, leur plus gros sponsor Dow Chemical s’avérait également être une des entreprises les plus pollueuses au monde, avec son activité de distribution de produits chimiques. De nombreuses pétitions avaient été organisées contre l’association de l’entreprise à un événement si adulé du grand public. Sous cette pression venue d’Inde, sur la responsabilité du groupe dans la catastrophe écologique de Bhopal en 1984, le CIO avait décidé de ne pas apposer le logo de l’entreprise sur l’extérieur de l’enceinte londonienne durant les quinze jours de la compétition.

Le contrat de sponsoring ayant été signé pour dix ans, il est donc à craindre que le nom de cette entreprise continuera de venir ternir l’image des Jeux Olympiques et Paralympiques de Rio 2016 et Tokyo 2020… Pourtant, selon Tania Braga, directrice générale du programme développement durable du Comité d’Organisation de Rio 2016 “le développement durable est un impératif et représente diverses étapes avant, pendant et après les Jeux.” **

Du côté du CIO, Jacques Rogge, le président présente l’entreprise comme : “chef de file mondial dans l’industrie des produits chimiques et entreprise novatrice dans le domaine du développement durable. Dow offrira non seulement un soutien financier essentiel au Mouvement olympique, mais apportera également son expérience et son innovation aux Jeux proprement dits. Dow sera un partenaire important pour concrétiser notre vision du développement durable.” ***

Événement sportif le plus suivi au monde et porteur de valeur positives, des polémiques de ce type ne sont que néfastes à l’image des Jeux, et on comprend donc l’importance du sponsoring responsable ; de surcroît lorsque l’on se revendique comme éco-responsable !

* 71 % : c’est le taux de français qui pensent que les acteurs ont un rôle à jouer dans la protection de l’environnement selon une étude réalisée pour think-thank Sport & Citoyenneté (étude réalisée par Repucom).

 

(source : e-marketing.fr). *

(source :sportetsociete.org)**

(source : olympic.org).***

Par Florian Gautier Publié le samedi 01 avril 2017