Lutter avec le temps

Considérée comme l’un des sports les plus anciens au monde, la lutte libre demeure également comme l’un des plus nobles. Le principe élémentaire de la lutte, combat au corps à corps, explique en partie l’universalisation de sa pratique allant jusqu’à son inclusion dans l’éducation des jeunes sous l’Antiquité. Ses déclinaisons sémantiques en disent long sur la richesse de ce sport. Ses … Continuer la lecture de « Lutter avec le temps »

Par Wilfried Engama Publié le lundi 05 juin 2017

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À la renverse

Considérée comme l’un des sports les plus anciens au monde, la lutte libre demeure également comme l’un des plus nobles. Le principe élémentaire de la lutte, combat au corps à corps, explique en partie l’universalisation de sa pratique allant jusqu’à son inclusion dans l’éducation des jeunes sous l’Antiquité. Ses déclinaisons sémantiques en disent long sur la richesse de ce sport. Ses évolutions et ses pratiques accompagnent l’Histoire des hommes à travers les pays et les âges. La lutte est un vestige qui tente de perdurer dans une société du spectacle où, sans soutiens financiers audiovisuels ou publics, exister est difficile. Nous vous proposons ici une brève histoire de la lutte et de ses déclinaisons. Des sumériens à la reconnaissance de la lutte féminine par le Comité International Olympique aux Jeux d’Athènes (2004).

Lutter avec le temps

De quelle lutte parle t-on ?

La Lutte prend racine sous la Grèce Antique avec en point culminant, les Jeux Olympiques. La lutte était dès lors d’une violence et d’une brutalité d’un autre niveau, les lutteurs jouant pour l’honneur de leurs cités. L’on parle de lutte gréco-romaine suite à la volonté des Romains de rendre la lutte grecque moins brutale et ainsi, plus prompt au spectacle. Il existe aujourd’hui trois types de luttes dérivées de la lutte grecque : la lutte greco-romaine, la lutte libre et la lutte féminine. Dès lors, quand nous parlons de « lutte », quelles sont les différences au sein de la discipline ? De quelle lutte parle t-on ?

  • Lutte greco-romaine : En lutte gréco-romaine, les lutteurs usent uniquement de leurs bras ainsi que du haut de leur corps pour attaquer et riposter. Ils ne peuvent attaquent sur d’autres parties du corps de leur opposant.
  • Lutte libre : En lutte libre, les combattants sont, de plus, autorisés à user de leurs jambes et à tenir leur adversaire en dessous de la ceinture.
  • Lutte féminine : Le règlement de 1987 s’inspire davantage de la lutte libre que de la lutte greco-romaine. Les lutteuses pouvant, à l’instar de la lutte libre, utiliser leurs jambes et ceinturer leur opposant durant le combat.

De pratique elle est devenue un sport institutionnel. Voici un petit retour chronologique sur son introduction aux Jeux Olympiques modernes :

  • 1894 : Se tient lieu le Congrès de Paris. Il en résulte la volonté que la lutte soit incorporée au programme des Jeux Olympiques
  • 1924 : Le Comité International Olympique inclut les luttes libre et gréco-romaine au programme des J.O. lors de la Session de Paris.
  • 2001 : Décision d’inclusion de la lutte féminine au programme des J.O. Ainsi, la lutte féminine sera présente pour la première fois aux Jeux Olympiques d’Athènes (2004)

Le Combat de lutteurs, Staatliche Kunsthalle Karlsruhe

Petit retour sur l’Histoire de la lutte

Ils faut remonter à l’époque des Sumériens (-5000 avant J-C) pour retrouver les marques de la pratique de la lutte. Des traces telles que des pictogrammes représentant des lutteurs nous renseignent sur le développement de la lutte sous l’Egypte antique. Durant l’Antiquité (-700 avant J-C) la lutte était considérée comme un art, les lutteurs se battant enduits d’huile d’Olive avec du sable fin car réputé pour ses vertus en terme de protection de la peau. Durant les Jeux Olympiques, la lutte était l’épreuve reine du Pentathlon (disque, javelot, course et saut en longueur). La lutte greco-romaine acquit un certain prestige jusqu’à ce que l’empereur Théodose 1er décida l’interdiction des jeux païens en 393.

Durant le Moyen Age et à la Renaissance, la lutte greco-romaine tombe peu à peu en désuétude. De nombreux traités de lutte sont écrit durant la période, le traité du maitre d’armes italien Fiore dei Liberi étant le plus connu. Sous l’impulsion du Baron Pierre de Coubertin, les J.O. sont rétablis en 1896 avec la création de fédérations sportives internationales et nationales. Dix sport seront alors présents aux J.O. de 1896 se tenant à Athènes, dont la lutte. Le premier Champion Olympique de lutte, Carl Schumann, ne fut pas un lutteur mais gymnaste de formation. Parallèlement aux J.O., la lutte professionnelle gagne en notoriété se produisant au Casino de Paris et aux Folies Bergères.

La lutte aujourd'hui

La lutte aujourd’hui

La demeure aujourd’hui l’un des sports les plus pratiqués au monde. Avec l’athlétisme, elle est reconnue comme l’un des plus anciens sports de compétition au monde. Comptant 7 épreuves aux jeux de 1904, la discipline en compte aujourd’hui douze (6 masculines et 6 féminines). La lutte est aujourd’hui pratiquée à travers plus de 200 pays, avec des déclinaisons régionales et traditionnelles. Parmi les plus connues nous pouvons citer : La lutte japonaise (Sumo), la lutte écossaise ou les luttes russes.

Les championnats du monde de lutte greco-romaine sont organisés depuis 1904. La lutte libre (1951) puis la lutte féminine (1987) y ont été ajouté. Ces championnats sont annuels. En 2017, le mondial de lutte se tiendra à Paris du 21 au 26 août succédant à Budapest pour l’édition 2016. Une première en France depuis 2003 et le mondial de Créteil.

Par Wilfried Engama Publié le lundi 05 juin 2017