Le sport au service de Hitler

En 1936, les Jeux Olympiques modernes se sont déroulés à Berlin sous la coupe du dictateur Adolf Hitler. Historiquement, ce sont les Jeux les plus passionnants.  Réhabilités en 1896 par le Baron Pierre de Coubertin, les Jeux Olympiques modernes ont eu quelques difficultés à se faire un nom dans les premières années de leur lancement. Cela … Continuer la lecture de « Le sport au service de Hitler »

Par Florian Gautier Publié le vendredi 31 mars 2017

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Retour gagnant

En 1936, les Jeux Olympiques modernes se sont déroulés à Berlin sous la coupe du dictateur Adolf Hitler. Historiquement, ce sont les Jeux les plus passionnants. 

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Réhabilités en 1896 par le Baron Pierre de Coubertin, les Jeux Olympiques modernes ont eu quelques difficultés à se faire un nom dans les premières années de leur lancement. Cela n’a pas été le cas en 1936, année durant laquelle se tint des Jeux controversés mêlant boycott, contre-jeux, et gloire du sport. Retour sur un événement sportif hors du commun.

Hitler a fait les choses en grand. En dépensant 70 millions de marks, le régime nazi a instauré une propagande sans précédent. Joseph Gobbels, le chef de file de la propagande, a permis un rayonnement mondial à ces Jeux Olympiques grâce à différents procédés : des kilomètres de ligne téléphonique, des Télétypes siemens, un direct à la radio offert pour la première fois à 105 radios étrangères pour 300 millions d’auditeurs et un circuit de télévision fermé ont été instaurés. À cela s’est ajoutée la présence de la presse sportive avec pas moins de 2800 journalistes présents pour une tribune dont la capacité n’excédait pas les 1 100 places. Citius, Altius, Fortius. Hitler a respecté ces principes olympiques en les transformant à sa manière. La grandeur de l’organisation a permis la promotion de ses idées. Il a mis en oeuvre d’impressionnants travaux à l’effigie de sa puissance : stade de 100 000 places, une tour géante avec cloche olympique en bronze, deux nouvelles stations de métro, une voie triomphale pour le défilé du Führer. L’Ère des masses. Machiavel, le chef de l’Allemagne nazie a usé du cinéma pour diffuser son idéologie eugéniste et pangermaniste.  Pour cela, il a commandé un film à la réalisatrice Léni Riefenstalt : Olympia en allemand ou Les Dieux du Stade, retrace des Jeux à la pointe de la modernité. Pour preuve, le style de tournage se voulait avant-gardiste : caméra catapulte, travelling pour le 100 mètres, caméra étanche…Un régime obscur qui a caché à la face du monde sa politique dictatoriale. Porté par Pierre de Coubertin, Hitler a été approuvé par un nombre conséquent de spectateurs (3 millions) dont les yeux brillaient par le faste de la compétition.

Malgré la présence de 49 pays, un mouvement de boycott s’est élevé : l’URSS n’a pas été invité, 43% du peuple Américain était favorable à ce boycott et des contre-jeux ont été organisés à Barcelone mais n’ont pu se tenir en raison du soulèvement franquiste.

Côté piste, le spectacle a été à la hauteur des attentes : l’Allemand Konrad Frey et le célèbre Américain Jesse Owens ont fait le spectacle. À la clé, le premier cité a récolté le plus grand nombre de médailles de ces olympiades (6) et le second le plus de médailles d’or (4). Ce dernier a été, aussi, auteur de 5 records du monde en 45 minutes. Une performance ahurissante. Représentant noir des États-Unis, Jesse Owens a toujours tenu à démentir les propos de personnes, jugés diffamatoires, sur l’histoire des ces JO : Hitler a été correct avec lui.

Des Jeux Olympiques, synonymes de joie et de convivialité, bien sombres dans une période tout aussi noire. Entre guerres mondiales et dictatures, la fête du sport a tout de même trouvé sa place.

Par Florian Gautier Publié le vendredi 31 mars 2017